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d'abats : un commerce méconnu

Décret du 19 avril 2012
relatif à l’organisation économique
dans le secteur du lait de vache

Arrêté du 19 avril 2012 relatif
à l’organisation économique
dans le secteur du lait de vache

 

VIANDE DE BOUCHERIE

jeudi 04 mars 2010

La carte des abattoirs prestataires redessinée


Aucun abattoir n’échappera au reclassement sanitaire en 2010. L’administration promet un accompagnement constructif aux retardataires du « paquet hygiène ». Les outils de service à capitaux publics ou privés jouent leur avenir.

Combien y aura-t-il d’abattoirs d’animaux de boucherie en 2011 ? Le durcissement des exigences sanitaires et les impératifs économiques pourraient avoir raison de plusieurs dizaines d’établissements trop dégradés, sous-utilisés, trop coûteux dans leur fonctionnement. Il n’est plus possible de repousser les investissements nécessaires pour atteindre le niveau requis de la classification sanitaire. Celle-ci s’échelonne de 1 (le meilleur niveau) à 4. Après l’élimination de la classe 4 cette année, ce sera le tour de la classe 3 l’année prochaine. Une centaine d’établissements y appartiennent, soit le tiers de l’effectif national. Certes, ils ne représentent qu’un dixième de l’abattage national, mais certains retiennent un précieux maillage local. Pour eux, un « plan d’action d’urgence » doit s’engager avant la fin de l’année. Trois abattoirs locaux-régionaux d’animaux de boucherie (sauf chevreaux), classés 4, doivent pour leur part sauter directement au niveau 2 à l’issue du trimestre.

Les exploitants craignent maintenant un excès de zèle
Le « paquet hygiène », pris à bras-le-corps par l’administration française, « n’est pas un outil à fermer les petits abattoirs », a rassuré Pascale Gilli-Dunoyer, chef du bureau des établissements d’abattage et de découpe à la DGAL, lors de son intervention, en décembre dernier, à l’assemblée générale de la FNEAP (Fédération nationale des exploitants d’abattoirs prestataires de service). Il n’empêche, le coup de semonce de l’inspection de l’Office alimentaire et vétérinaire de l’Union européenne a rendu les exploitants nerveux. Trois des sept abattoirs visités en juin 2009 par les inspecteurs européens présentaient des « déficiences majeures » et l’état sanitaire de l’un d’eux « dépassait l’entendement » (le détail, consultable depuis novembre auprès de la DG Sanco, n’a pas échappé à la presse généraliste, sans déclencher heureusement de scandale). Aux yeux de Bruxelles, l’administration française n’avait pas tenu ses engagements pris à la suite des précédentes mises en causes de l’OAV en 2006.
Après des années d’un certain laxisme, les exploitants craignent maintenant un excès de zèle.
Les services vétérinaires, eux, promettent un « coaching » des entreprises et une assistance constructive à la rénovation et à la réorganisation des outils.
Un passage en revue général doit aboutir au nouveau classement des abattoirs. Par souci d’homogénéité nationale, il se fera sous le regard croisé d’un inspecteur national et d’un inspecteur d’un autre département. À la FNICGV, qui représente les grossistes usagers ainsi que des abatteurs prestataires, « on fait le pari que 80 % resteront en place », selon l’opinion du directeur, Nicolas Douzain.

Une redevance sanitaire modulée dès 2011
Le nouveau classement sera l’assiette des nouveaux taux de la redevance sanitaire, programmés le 1er janvier 2011. Celle-ci sera modulée dans une marge de plus ou moins 20 %. Les établissements classés 1 ou 2 auront un bonus ; ceux encore en classe 3 un malus. L’estampillage donnera droit à un bonus. Enfin, la modulation dépendra du « protocole-cadre » établi entre le service vétérinaire et l’abattoir.
Selon la FNEAP, les investissements structurels d’un abattoir doivent être renouvelés tous les 5 à 7 ans. Dans certains cas, le maintien à un haut niveau structurel et d’organisation impose des regroupements de moyens. Ainsi, les abattoirs prestataires d’Aquitaine se réorganisent, l’abattoir public de Bordeaux devant fermer cette année. Dans deux régions, un abattoir neuf remplacera deux abattoirs. Si certains outils multi-espèces fermeront, d’autres prendront par conséquent le relais.
Sylvie CARRIAT
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Équilibrer les comptes

La réforme du financement des abattoirs publics, effective dès cette année, passe presque inaperçue dans le marathon du classement sanitaire. Elle ouvre pourtant une nouvelle ère. Les exploitants vont pouvoir disposer de la « redevance d’usage » pour procéder aux investissements nécessaires. Ils vont rapprocher leur mode de gestion de celui des abattoirs privés. Les usagers ne peuvent empêcher une nécessaire augmentation. Ils ne s’engagent désormais plus sur la base de la taxe d’usage, qui disparaît, mais sur la réalité économique.
Cependant, les municipalités propriétaires ne peuvent plus accorder de subventions directes. Selon la FNICGV, la Région a un rôle capital à jouer dans l’investissement. C’est la collectivité la plus à même de lever des fonds européens (FEADER) ; à condition que la prestation d’abattage figure dans ses priorités et qu’elle maintienne une ligne budgétaire nécessaire au cofinancement européen. La prochaine mise en place de l’Observatoire économique des abattoirs, en remplacement du plan national et de la commission d’équipement, promet une meilleure visibilité aux décideurs.


André Eloi

André Eloi
Les Marchés : Il y aurait une centaine d’abattoirs, prestataires ou non, en classe 3, contraints d’établir d’ici à la fin de l’année un « plan d’action » pour passer en classe supérieure. La tâche sera-t-elle difficile pour les prestataires dans ce cas ?
André Eloi : Le classement de tous les abattoirs est connu de la part de la DGAL nationale. De nombreux établissements n’ont toutefois pas été informés officiellement par écrit comme nous le demandons. Les abattoirs en catégorie 3 doivent s’attacher à présenter à l’autorité compétente un échéancier fiable et viable et un dossier cohérent économiquement. Ceci dit, beaucoup d’entre eux ont simplement à ajuster leur organisation fonctionnelle avec malheureusement des moyens assez limités. À la différence des filières « longues » industrielles, les prestataires ne vivent que du maillon de l’abattage, un maillon peu rentable en lui-même en raison d’investissements lourds et de charges extrêmement contraignantes.
D’où notre orientation politique actuelle qui vise à développer des activités connexes autour de l’abattage. Une activité de découpe et de service de proximité sur le produit nous permet de pérenniser une filière courte utile à l’aménagement du territoire. Cela touche non seulement des éleveurs mais aussi des bouchers ou des grossistes locaux désireux de conserver leur assise géographique. Nous continuons à nous positionner plus que jamais comme le complément indispensable de la filière industrielle.

LM : Comment développer ces activités annexes ?
A. E. : Nous avons pris des contacts avec les pouvoirs publics sensibles à nos arguments et nous allons poursuivre notre opération de communication auprès de nos clients utilisateurs qui doivent s’ériger en vrais partenaires.

LM : Les tarifs vont-ils augmenter ?
A. E. : Ils augmentent chaque année normalement. Certaines augmentations sont très conséquentes en 2010. Tirer les tarifs vers le bas est une attitude qui ne peut pas tenir très longtemps. La répercussion du juste prix s’avère cruciale pour assumer normalement les responsabilités de toutes sortes qui pèsent sur les exploitants d’abattoirs.


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