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Port de Rouen

jeudi 21 janvier 2010

Senalia, des céréales aux biocarburants


L’exploitant des plus importants terminaux agro-industriels du port de Rouen a connu une année 2009 en progrès, notamment grâce aux céréales. Avec la perspective d’une campagne moins florissante en blé, Senalia se félicite d’avoir emprunté la voie de la diversification.

Prestataire de service en stockage, manutention et logistique portuaire et industrielle, le groupe Senalia exploite les plus importants terminaux portuaires et agro-industriels du port de Rouen, avec une capacité totale de plus de 775 000 tonnes. Durant la campagne 2008-2009, le groupe a manutentionné plus de 7,5 millions de tonnes (Mt) de marchandises, dont 4,3 Mt de céréales, ce qui représente une progression de 40 % par rapport à la campagne précédente. Pour le secteur céréalier, qui fut à l’origine de la vocation de stockage et d’exportation de céréales, Senalia a renforcé sa part de marché en 2008-2009, avec plus de 55 % du volume de céréales exportées sur le port de Rouen. De ce « Grand port maritime », sont parties en 2008-2009, 7,6 Mt de céréales et d’oléagineux, dont 6,2 Mt de blé. Ce bilan a été présenté à l’occasion de l’assemblée générale du groupe, le 8 janvier.
À travers l’activité de Senalia, premier chargeur sur le premier port d’embarquement de blé et d’orge européen à destination des marchés extérieurs, c’est l’image de l’exportation céréalière française toute entière qui se reflète. Une activité devenue essentielle pour l’équilibre de ce secteur de production. Jean-Jacques Vorimore, président de Senalia, l’a rappelé : « L’exportation est bien devenue le marché directeur, le marché intérieur n’est que suiveur […] Le prix payé au producteur à Chartres, à Amiens ou à Rouen, dépend directement du prix obtenu de nos ventes à Alger, Casablanca ou Alexandrie ».

2009-2010 sera beaucoup moins faste
Aussi la belle performance du groupe en 2008-2009 est-elle à replacer dans un contexte national où les ventes extérieures de blé français vers les pays tiers ont atteint des chiffres exceptionnels de 9,75 Mt. Les pays tiers représentent 90 % des destinations servies par le grand port maritime et par Senalia, dont les débouchés sont majoritairement le Maghreb, l’Égypte et l’Afrique. La campagne 2008-2009 a vu le retour de l’Égypte, mais des difficultés se profilent vis-à-vis de ce gros client potentiel.
Si la dernière campagne a été faste pour les échanges extérieurs de blé, l’actuelle campagne risque de l’être beaucoup moins face à une concurrence renforcée de la part de l’origine mer Noire, qui ajoute à la compétitivité de ses prix une évolution positive de la qualité de sa production ; « même si nous avons une avance très nette pour ce qui est de la qualité de nos livraisons, la vigilance s’impose », avertit le président Vorimore, qui déplore en outre la lourdeur du stock de report français à l’issue de la dernière campagne, qui risque encore de s’aggraver, et affirme que « ne pas avoir profité des conditions favorables de la dernière campagne a vraiment été une erreur ».

Rebond du sucre ?
La diversification constitue la stratégie fondamentale de Senalia et lui a permis de compenser, dans les mauvaises campagnes, les difficultés de tel ou tel secteur de sa compétence. Le groupe peut se féliciter de cette politique et devant la montée en puissance de l’activité de trituration d’oléagineux, elle consolide ses accords avec le groupe Saipol et Diester Industrie ; de 1,33 Mt au début de la décennie, le tonnage est passé à 2,3 Mt en 2008-2009. La collaboration avec le groupe Téréos, à travers la filiale de son usine BENP Lillebonne, se traduit aujourd’hui par l’utilisation de 750 000 tonnes de blé pour assurer à l’usine sa capacité de fonctionnement nominale. La possibilité de procéder à des mélanges de céréales blé fourrager-orge de mouture, destinés à la production d’éthanol, est actuellement expérimentée. Ces mélanges permettraient d’alléger les stocks de blé de petite qualité, difficile à exporter, et d’orge fourragère pléthorique.
Dans le bilan d’ensemble très positif de Senalia, un secteur fait tâche : celui du sucre. La réforme du marché du sucre a brutalement accéléré la décélération de l’activité du terminal spécialisé Robust, tombée de 330 000 tonnes en 2004-2005 à 89 000 tonnes en 2008-2009. Mais 2009-2010 donne des signes de reprise car les volumes de production abondants et les prix mondiaux élevés devraient relancer le dynamisme du terminal et trouver les bases d’un nouvel accord avec le groupe Saint Louis sucre.
Pierre GAUTRON
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Les Égyptiens du GASC en visite en France

Une délégation du Gasc, l’organisme d’achats de céréales égyptien, composée de MM. No’omany, vice-président du Gasc, et El Haddad, chef des services agricoles, est venue en France mi-janvier, à l’invitation du Synacomex. Bien que cette visite n’ait pas eu officiellement pour objet une tentative de règlement du problème des chargements des gros bateaux de blé (60 000 t) en lot et origine portuaire unique exigée par le gasc, le sujet a occupé les conversations. L’impossibilité de charger ce type de navires dans le principal port céréalier français et européen risque de porter un lourd préjudice à nos exportations vers cet important acheteur, le deuxième après l’Algérie en 2008-2009.



Décryptage

André Laude, directeur général de Senalia, préside le conseil de développement qui, dans le cadre de la réforme du port autonome de Rouen devenu « Grand port maritime », gère avec un conseil de surveillance les activités commerciales. Rouen est le plus grand port d’exportation de céréales à paille européen : 7,6 Mt de céréales chargées pendant la campagne 2008-2009 contre 3,1 Mt à La Rochelle, 1,1 Mt à Dunkerque et 1 Mt à Bordeaux. « Et son développement se poursuit », a rappelé André Laude, dans le cadre d’un plan stratégique à 5 ans. « Celui-ci comporte, entre autres, le creusement d’un chenal pour lui permettre d’accueillir de plus gros bateaux, sujet d’actualité, et la construction du canal Seine-Nord qui élargira considérablement l’hinterland céréalier de Rouen. Il facilitera aussi l’exportation des pulpes de betteraves et l’approvisionnement en engrais. Le dossier est réglé sur le plan politique ; reste la question du financement dans lequel Senalia est naturellement impliqué ».



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