Froid |
jeudi 18 février 2010 |
Patiprestige assure son développement durable
Le pâtissier industriel implanté en région Rhône-Alpes vient de s’installer dans sa nouvelle usine à Saint-Hélène-du-Lac (Savoie). La société a décidé de mettre en place un système original de production de froid pour l’ensemble de ses équipements.
«C’est un pari sur l’avenir que nous avons fait ! », lance Jean-Michel Combaz, directeur général de Patiprestige qui vient de prendre procession de sa nouvelle unité de production à Saint-Hélène-du-Lac (73). Car l’usine, flambant neuve, a été équipée d’un système inédit de production de froid pour le secteur agroalimentaire. En effet, alors que la plupart des acteurs du secteur utilisent des systèmes de production de froid par compression de gaz, l’entreprise a décidé d’investir 400 000 euros dans un nouveau process de production écologique.
Froid négatif et positif pour l’usine, climatisation des bureaux et eau chaude sanitaire
Celui-ci repose sur un système de refroidissement par condensation par eaux de puits. L’entreprise a creusé un forage dans la nappe phréatique située à l’aplomb de son unité de production. L’eau, dont la température reste constante toute l’année entre 8 et 10 °C, est puisée et injectée dans un circuit parallèle et hermétique aux différents circuits de l’usine. Ce circuit parallèle vient dans un premier temps refroidir les groupes de froid, par simple échange thermique. À ce contact, l’eau puisée dans la nappe monte en température jusqu’à 70 °C. Elle est alors redirigée vers un nouvel échangeur qui permet de préchauffer l’eau chaude sanitaire entre 35 et 50 °C avec une productivité de 2 m3 par heure. Sur ce même circuit est branchée une pompe à chaleur qui sert à alimenter en chaud et en froid, en fonction de la saison, le plancher chauffant et rafraîchissant hydraulique de l’ensemble la partie administrative. Grâce à ce système, Patiprestige produit la totalité de ses besoins en froid, soit 3 000 m2 de surface de production placés entre -20 °C à +4°C. « L’étude économique du projet a montré que l’investissement de 400 000 euros devrait être amorti en 5 ans », se félicite Jean-Michel Combaz, qui reste néanmoins prudent : « C’est un système très nouveau qui doit encore être éprouvé. »
Pas d’impact sur l’environnement
Mais au-delà de l’argument économique, c’est l’aspect écologie qui a séduit l’entreprise. En effet, avec ce système, la consommation de fluide frigorigène est diminuée de 40 % par rapport à une installation classique. L’impact sur l’environnement est également nul, puisque l’eau de la nappe qui n’a fait qu’échanger ses frigories et calories, sans jamais entrer dans le circuit de l’usine, est alors rejetée dans la nappe phréatique, sans aucun risque de pollution. Certes l’eau est un peu plus chaude, mais cela n’a pas d’impact sur l’environnement puisqu’il n’y a pas d’écosystème dans cette nappe phréatique. Une question reste néanmoins en suspens : que se passera-t-il si dans l’avenir la nappe s’assèche ? « Cette nappe est très grande, elle s’étend sur toute la vallée ! Il y a donc peu de risque que nous soyons restreint un jour », rassure Jean-Michel Combaz, avant d’ajouter : « La conception du système a néanmoins pris en compte cette éventualité et nous avons prévu de pouvoir mettre en place, en cas d’interdiction de pompage, un système classique de production de froid. »
Dans le but d’optimiser au maximum cette installation écologique, l’entreprise a également renforcé l’isolation de son bâtiment, avec un ancrage dans le sol sur l’ensemble de la surface de l’usine ainsi que l’utilisation pour les murs de panneaux de 20 centimètres d’épaisseur, contre 16 cm utilisés généralement dans l’industrie.
Si l’entreprise a fait le choix de développer sa nouvelle usine avec de telles contraintes environnementales, c’est parce qu’elle anticipe une croissance importante de son activité. En effet, la société Patiprestige, qui réalise déjà 17 millions d’euros de chiffre d’affaires, prévoit d’atteindre 20 millions d’euros pour l’année 2011, grâce à la signature de plusieurs nouveaux contrats avec la grande distribution.
« Nous connaissons nos possibilités de croissance et en tant qu’acteur incontournable d’un secteur, nous nous devons de montrer l’exemple », conclut Jean-michel Combaz.
C. C.