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Sécurité alimentaire

jeudi 22 avril 2010

Paquet hygiène : les outils de la mise en confiance


La maîtrise de la qualité alimentaire « de la fourche à la fourchette » a été initiée voilà dix ans par le livre blanc communautaire. Le paquet hygiène, entré en vigueur en 2006, n’a pas fini de se traduire en pratique. Mais les progrès sont notables.

Dix ans après la publication du livre blanc sur la sécurité alimentaire, le Réseau des organisations professionnelles et interprofessionnelles pour la sécurité et la qualité sanitaire des denrées d’origine animale (Réséda) a organisé le 8 avril un séminaire à Paris, avec la participation de Marie-Christine Buche, en charge des produits agricoles et alimentaires à la DGCCRF, et de Paul Mennecier, chef du service de l’alimentation à la DGAL. Conclusions : les garanties d’hygiène et de sécurité restent la première raison d’acheter ; le consommateur est plus serein ; les maillons d’une même filière se sont liés, chacun assumant sa responsabilité ; les guides de bonnes pratiques se sont multipliés et la traçabilité est passée dans le langage courant.
Les garanties d’hygiène et de sécurité incitent à acheter, montrent les enquêtes de consommation du Crédoc (voir ci-dessous). Elles se placent au-dessus de l’origine nationale, qui a un poids particulier en France. La confiance placée dans les labels de qualité et les marques est plus fluctuante. La confiance dans un label n’a pas résisté à la comparaison des prix en 2008 mais elle s’est rétablie en 2009. Tandis que la confiance dans la valeur d’une marque ne s’est pas encore remise de sa chute d’il y a deux ans. Près de neuf personnes sur dix ont déjà entendu parler de traçabilité ; une notion semble-il très française, si l’on se réfère au « baromètre perception traçabilité » de GS1 qui couvre des pays aussi variés que le Brésil, la Chine, la Russie, l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis. Aucun autre pays n’atteint ce niveau de sensibilité. La demande de traçabilité grimpe à 89 % pour la viande, contre seulement 70 % dans l’ensemble des autres pays. Elle se perche à 78 % pour les produits de la mer et les produits laitiers. Les pouvoirs publics sont le premier garant de la traçabilité devant les fabricants ; l’ordre est inverse dans les autres pays.

Les coproduits ne sont plus des déchets
Du côté de la production, l’on s’interroge sur la charge de la traçabilité. Bernard Malabirade, qui représentait au séminaire les éleveurs de bovins viande, regrette que le stockage pluriannuel des documents et échantillons incombe davantage aux maillons d’amont (fabricants d’aliments, éleveurs, abattoirs) que d’aval. Il place des espoirs dans l’archivage électronique et la dématérialisation de la transmission de données. Pascal Le Paih, responsable de la qualité chez le fabricant d’aliments composés Le Gouessant, peine à gérer les matières premières et les produits conditionnés, en raison de codes-barres multiples. Il se réjouit de l’ennoblissement des matières premières. Les coproduits des industries agroalimentaires ne sont plus des déchets, grâce au réseau Réséda. Et la lumière est faite sur les contaminations croisées. Selon le fabricant breton, la traçabilité devrait pouvoir autoriser le recyclage des aliments impropres à la consommation par certaines espèces dans des aliments destinés à d’autres espèces. Une hypothèse relevée par Marie-Christine Buche (DGCCRF), curieuse des autres pratiques dans l’Union européenne : les matières contenant des salmonelles y sont-elles systématiquement éliminées ?

70 % des aliments sous autocontrôle
Les progrès du secteur de la nutrition animale ont été salués par les pouvoirs publics. Le guide des bonnes pratiques de la fabrication d’aliments composés a été validé en 2008. Pour mieux faire reconnaître son application, 75 entreprises sont certifiées. Pas moins de 70 % de la production française adhère au plan d’autocontrôle collectif des contaminants par le biais de l’association Oqualim (qui intègre l’Association pour le contrôle de la qualité des matières premières Qualimat). Une faille subsiste cependant : le transport des matières alimentaires, avec des différences pratiques entre pays membres.
Pour les représentants de la DGAL et de la DGCCRF présents, les capacités des entreprises à s’autocontrôler sont fondamentales. « On continue de vérifier les procédures mais aussi le produit final », a souligné la responsable de la Concurrence et de la Consommation. Le regroupement départemental des compétences va permettre de recouper les informations tout en diminuant les effectifs totaux.
Les contrôleurs viseront d’abord les opérateurs sans plan de contrôle, a-t-elle promis aux professionnels soucieux de voir sanctionner quelques entreprises peu scrupuleuses.
Sylvie Carriat
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L’ISO TS 22002-1 parue en français

L’Ania informe que la spécification technique du domaine alimentaire ISO 22002-1 (PAS 220) est disponible en français. Ce document est associé à l’ISO 22000, unique norme internationale de gestion de la sécurité sanitaire des aliments. Il détaille toutes les bonnes pratiques d’hygiène. L’Organisation internationale de normalisation l’a publié en décembre dernier.
Alors que l’ISO 22000 existe depuis 2005, l’initiative GFSI des grands distributeurs internationaux attendait cette publication pour commencer à la reconnaître.


Où est le risque acceptable ?

Le paquet hygiène laisse des marges d’appréciation aux administrations des États membres. De l’avis du chef de service de l’Alimentation à la DGAL, le consommateur devrait être associé à la détermination des niveaux de risque acceptables par la société ; ainsi une « expertise socioéconomique » conforterait l’expertise scientifique afin d’éviter que les niveaux établis ne soient perçus comme excessifs ou insuffisants. Son homologue de la DGCCRF considère que le fait de ne rien cacher désamorce les craintes. Mais comme les moyens de détection se perfectionnent, et que la vigilance entraîne l’augmentation du nombre d’alertes, un travail pédagogique est à réaliser, ont convenu les responsables. L’information sur les risques alimentaires s’intègre à la politique d’information sur l’alimentation. Cette dernière est un « vrai projet de société », a rappelé le responsable de l’Alimentation au ministère.



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