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recherche et développement

jeudi 07 avril 2011

À l’Ouest, l’innovation s’oriente vers les procédés


Dans le contexte de crise économique mondiale, la R & D n’a pas ralenti dans l’agroalimentaire de l’Ouest de la France, estime le pôle de compétitivité Valorial. En revanche, il y a encore à faire en matière de méthode d’organisation au sein des entreprises.

Les 1 000 centres de production agroalimentaire du Grand-Ouest, c’est-à-dire des Régions Bretagne, Pays de la Loire et Basse-Normandie (32 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 130 000 emplois directs), ne s’essoufflent pas sur le front de la R & D. Pour preuve, le pôle de compétitivité Valorial annonce qu’il a dépassé ses prévisions de projets labellisés. Entre sa mise en route en 2006 et la fin 2010, le pôle a accompagné 180 projets rassemblant près d’un millier d’acteurs, dont une majorité de PME pour un investissement total de 201 millions d’euros. Et « le 200e projet devrait être labellisé en mai », se félicite-t-on chez Valorial.
Une inflexion dans les projets visés par Valorial a cependant été observée l’an passé. « Jusqu’à la fin 2009, la majorité des projets présentés au pôle portaient sur les critères de sécurité alimentaire et de nutrition santé, explique Jean-Luc Perrot, directeur. En 2010, la moitié des projets ont concerné les procédés innovants. » Le signe sans aucun doute de la baisse des marges qui incite les industriels à comprimer leurs coûts de revient en sortie usine. La baisse des dossiers de nutrition santé témoigne aussi des difficultés conjoncturelles à faire accepter par l’Europe certaines allégations santé, poursuit en substance Jean-Luc Perrot.
Pour autant, la R & D continue de se diffuser dans l’agroalimentaire de l’Ouest, même si beaucoup la considèrent toujours comme le parent pauvre du secteur. Évidemment, ces industriels n’innovent pas dans les mêmes proportions que dans l’automobile, la pharmacie ou les TIC. « Pour une raison simple, souligne Michel Houdebine, président de Valorial. Il n’y a pas d’innovations de rupture dans l’agroalimentaire, elles sont progressives, plus diffuses. Toutes les fonctions de l’entreprise y participent quand il n’y a pas de cellule R & D dédiée ».

Des innovations peu visibles par nature

En fait, la R & D traduit l’histoire agroalimentaire qui s’est d’abord développée sur des volumes et qui, à partir des années 1990, s’est tournée de plus en plus vers la valeur ajoutée, une fois les estomacs européens rassasiés. Différents centres techniques accompagnaient déjà l’innovation en Bretagne avant la création des pôles de compétitivité, au milieu des années 2000. En particulier sur le thème de la nutrition santé. À la différence de Valorial qui n’accueille que des projets collaboratifs (deux entreprises au miminum et un centre technique et/ou des chercheurs d’université), ces centres techniques recevaient des demandes individuelles.
« Elles souhaitaient travailler sur la reformulation de produits au regard de la réduction de sel ou des acides gras insaturés, explique Anne-Claude Lefèbvre, directrice du Critt-Santé (Rennes). D’autres recherchaient un appui technique dans la mise au point de compléments et ingrédients alimentaires, produits de nutrition clinique ou sportive, etc. » Beaucoup d’actions que le consommateur n’a pas forcément vues, une fois le produit en rayon mais qui correspondaient à son désir d’un aliment sûr et efficace. Impossible, en outre, de breveter une recette, malgré les multiples demandes en ce sens faites depuis plusieurs années par la profession au gouvernement.

Projets internationaux

Aujourd’hui, l’offre technique et scientifique en Bretagne au service des industriels candidats à l’innovation paraît robuste avec, aux côtés de Valorial, 14 centres techniques dont 3 Critt, des laboratoires privés, des instituts de formation. Ils fonctionnent tous en réseau, sur un mode coopératif qui a permis le développement de l’agriculture et l’agroalimentaire en Bretagne. Ce type d’organisation peut faire émerger un nouveau modèle économique, estime Anne-Claude Lefèbvre, un peu à l’image du secteur de la pharmacie qui se rapproche des centres de biotechnologies pour puiser les idées du futur.
Mais toutes les expertises agroalimentaires ne sont pas forcément disponibles sur le territoire. Valorial a donc entrepris de nouer des partenariats avec d’autres pôles de compétitivité en France et à l’étranger, au travers du cluster F2C Innovation – en association avec les pôles français Agrimip Innovation et Vitagora. « Nous avons identifié une bonne quinzaine de clusters dans le monde et nous réunirons pour la seconde fois en avril en Italie », explique Jean-Luc Perrot. Objectif : partager des connaissances et démarrer à terme des projets internationaux pour mieux irriguer les économies locales.
Franck Jourdain
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Le nouveau « Science Park » de Diana

Cet inventeur d’ingrédients naturels en matière de goût, texture, couleur, santé-nutrition pour les secteurs de la chimie, l’agroalimentaire notamment, a inauguré à Rennes à la mi-mars, son centre de R & D. Le groupe Diana a injecté 3 M€ dans ce pôle, doté d’une cinquantaine de chercheurs, et a confié son pilotage à sa division Diana Naturals. Diana, implanté dans 19 pays, consacre à la R & D 3 % de son chiffre d’affaires (368 M€ en 2010 avec 1 400 salariés). Pour Jean-Yves Parisot, président de Diana Naturals, la R & D constitue clairement « le carburant de l’entreprise ».


Diffuser la R & D par la formation et le conseil

« Les PME ont un vrai besoin de compétences de R & D au plan technique (méthodologie) et marketing (innovation) », dit en préambule Jean-Luc Cade, directeur de l’Adefia (Association pour le développement de l’emploi et de la formation dans les IAA) de Bretagne. Jusqu’à 300 salariés, elles ont tendance à cloisonner les fonctions de l’entreprise alors que la R & D nécessite de tirer des passerelles entre elles, poursuit en substance M. Cade. Pour mieux diffuser cette culture de l’innovation, l’Adefia envisage de bâtir cette année un référentiel de compétences du chef de projet R & D, à partir de l’expérience d’un petit groupe de PME. Une fois diffusé, ce référentiel « permettra aux entreprises d’identifier leurs besoins de formation et d’être pertinents dans leur politique de recrutement pour être efficaces dans la gestion de projets de R & D », explique Jean-Luc Cade.


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