Broutards |
jeudi 04 février 2010 |
Comme tous les ans, janvier a été synonyme de retour au calme et de baisse de prix pour l’œuf calibré. Une tendance quelque peu aggravée par les intempéries du début de mois. Les offres proposées aux industriels ont donc été plus larges, tirant les cours vers le bas. La tendance s’est toutefois inversée à l’approche de février, sous l’effet d’une reprise de la consommation d’œufs coquille, mais surtout d’une baisse des disponibilités au sein de l’Union. Les cours sont repartis à la hausse et devraient continuer sur leur lancée ces prochaines semaines. Et cela d’autant plus que les offres sont d’ores et déjà annoncées modérées, jusqu’à Pâques, et surtout en mars.
Le marché français est très proche de l’équilibre depuis près de deux semaines, permettant à l’amont de maintenir ses prix de vente. Un retour à la fermeté est à prévoir ces prochaines semaines. L’offre diminue peu à peu, comme le prouve le repli régulier du poids moyen des carcasses (- 300 g la semaine dernière, à 92,8 kg). Dans le même temps, la demande pourrait se révéler plus soutenue, en particulier sur le marché français. L’export sera à surveiller de près. La reprise de l’activité chez nos voisins européens pourrait aussi favoriser notre commerce. L’Espagne continue à redresser ses cours, tandis que l’Allemagne vient de donner son premier signe de fermeté, augmentant sa cotation 56 TVM de 4 centimes vendredi dernier.
L’équilibre fragile de l’offre et de la demande sur de faibles volumes, qui existait jusqu’à présent, commence à se renverser. D’une part, en aval, le commerce de viande d’agneau est difficile en cette période de l’année. D’autre part, l’offre s’étoffe en amont, de plus en plus de Lacaune étant commercialisés. Par ailleurs la qualité de la marchandise disponible à l’importation ne semble parfois pas suffisante pour certains professionnels. En revanche du côté des brebis, l’offre se raréfie. Les éleveurs ne réforment que très peu, pour bénéficier de la prime Pac. Les bonnes brebis, toujours très demandées, ont vu leurs cours s’accroître.
Le dynamisme du début d’année sur la viande bovine n’est plus qu’un lointain souvenir. Le commerce est tendu dans la mesure où la demande est calme. Les cours des réformes allaitantes et laitières ont chuté, suite aux pressions des industriels. Par ailleurs, l’année 2009 a été marquée par une baisse sensible du cheptel laitier français (- 120 000 têtes). Les réformes devraient donc être moindres cette année, et ne seront pas totalement compensées par les allaitantes. Les prévisions de l’Institut de l’élevage sont d’ailleurs à un repli de 3 % des abattages bovins. La France va donc accentuer son déficit et prévoit de recourir aux importations, de l’Union européenne ou du Mercosur, ce qui limiterait les hausses de prix.