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Broutards

jeudi 04 février 2010

Toutes les solutions passent par Rome


Le débouché italien, stratégique pour l’élevage d’animaux maigres français, paraît sécurisé cette année, les besoins transalpins restant importants. Mais la demande de la clientèle italienne devrait se tourner vers des animaux plus légers.

Le marché du broutard français est sous l’influence de celui du jeune bovin italien. Au cours de la campagne 2008-2009, les exportations françaises avaient atteint 1 043 000 têtes, soit 16 % de plus que la campagne précédente, certes perturbée par la FCO. Sur ce total, 85 % des animaux expédiés étaient partis pour l’Italie. Nos clients suivants étaient, comme d’habitude, l’Espagne et la Grèce, qui ont réceptionné respectivement 12 % et 2 % de nos envois. Les exportations ponctuelles par bateau vers le Maghreb ou encore le Liban —comme en décembre dernier — ont par ailleurs permis d’alléger le marché et de stabiliser les prix.

Un marché italien qui devrait rester dynamique en 2010
La conjoncture actuelle en Italie laisse à penser que les exportations françaises devraient se maintenir jusqu’en fin de campagne, en l’absence de tout nouveau problème sanitaire. En effet, d’après l’Institut de l’élevage, les prix des jeunes bovins ont été orientés à la hausse sur les marchés italiens en fin d’année. Cela devrait remettre en confiance les engraisseurs à moyen terme, et assurer une demande correcte au premier semestre 2010.
Par ailleurs, au vu des volumes d’ensilage de maïs réalisés lors de la campagne 2009, on peut supposer que les engraisseurs italiens comptent remplir les ateliers. En outre, Coop Italia a reconduit les contrats de sa filière sans OGM pour cinq ans. Or, elle concerne 25 % des exportations françaises (200 000 têtes en 2009). Les débouchés paraissent donc fiables.
Cependant, il se pourrait bien que les besoins italiens évoluent. Jusqu’à présent, leur demande s’axait sur des animaux lourds, soit entre 400 et 480 kg, afin de les engraisser rapidement. Mais en fonction de l’article 68 du bilan de santé de la Pac, le gouvernement italien a décidé de soutenir la filière engraissement nationale. La prime à l’abattage des taurillons de 12 à 24 mois sera réévaluée à la hausse pour chaque animal ayant passé au moins sept mois dans le pays. Cette mesure risque de changer les systèmes d’exploitations italiens. À l’heure actuelle, les coûts liés à l’alimentation animale sont relativement faibles. Après une forte baisse au deuxième semestre 2009, l’indice IPAMPA de l’alimentation animale paraît stable, à son niveau de 2007, soit, pour les systèmes d’engraissement de jeunes bovins, en baisse de 5,7 % par rapport à l’an passé. Il apparaît donc rentable aux éleveurs italiens d’allonger le cycle d’engraissement de leurs animaux.
La demande italienne tend, par conséquent, à se tourner progressivement vers des animaux plus légers. Alors que pour la campagne 2008-2009, comme les années précédentes, les mâles de plus de 300 kg vifs représentaient 64 % des exportations et les animaux légers (160-300 kg) 25 % du total, la campagne 2009-2010 (du 01-08-09 au 31-07-10) a démarré sur d’autres bases. La part des animaux légers s’est élevée à 33 % et celle des lourds à 56 %. Et la demande était soutenue. Sur les quatre premiers mois, les exportations ont déjà doublé par rapport à la campagne précédente.
De même, le débouché espagnol se présente favorablement. La demande ibérique est axée sur des mâles légers, moins chers et correspondant aux cycles d’engraissement de ce pays. Sur les cinq premiers mois de la campagne en cours, près de 56 000 têtes ont traversé les Pyrénées, contre 121 000 lors de la campagne précédente. Dans le même temps, les exportations irlandaises se chiffraient à 16 000 têtes. La France confirme donc son rang de premier fournisseur de l’Espagne. Mais au vu des cours actuellement plus élevés, la demande pourrait bien se tasser.

Des difficultés en arrière-plan d’un marché dynamique
Pour le moment, les prix de la campagne 2009-2010 ont été globalement stables, voire haussiers pour les animaux légers de qualité. En effet, les acheteurs ont beau faire pression, l’offre restreinte — conséquence tardive de la baisse de la fertilité due à la FCO — maintient le niveau des cours. Au vu des disponibilités en veaux, il est possible que l’offre reste modérée pour toute la campagne.
Par ailleurs, le décalage partiel des vêlages de l’hiver vers le printemps-été, renforcé par la météo clémente en automne, a permis d’éroder le pic saisonnier de l’offre, et donc de limiter la baisse des cours en octobre, en assurant une offre régulière. Ces perspectives rassurantes permettront peut-être à la filière de lutter contre l’incessant marasme qui tourmente le marché bovin depuis longtemps.
La filière « né en France, engraissé en Italie » se porte donc bien en apparence. Mais la concurrence est rude. En effet, alors que la crise économique persiste, le prix devient un repère essentiel pour les consommateurs italiens. Ils en viennent donc parfois à privilégier les viandes d’importation issues notamment de jeunes bovins polonais... ou même français. En outre, les exportations irlandaises de broutards à destination de l’Italie ont progressé de 13 % entre 2008 et 2009. D’autre part, la crise économique a pesé sur le système bancaire italien. Les banquiers sont plus réticents à accorder des prêts de campagne et d’investissement. Si les engraisseurs les plus fragiles freinent leur activité en Italie, le contrecoup pourrait être rude pour les naisseurs français.
Virginie PINSON

Œufs : hausse des prix en vue

Œufs : hausse des prix en vue

Comme tous les ans, janvier a été synonyme de retour au calme et de baisse de prix pour l’œuf calibré. Une tendance quelque peu aggravée par les intempéries du début de mois. Les offres proposées aux industriels ont donc été plus larges, tirant les cours vers le bas. La tendance s’est toutefois inversée à l’approche de février, sous l’effet d’une reprise de la consommation d’œufs coquille, mais surtout d’une baisse des disponibilités au sein de l’Union. Les cours sont repartis à la hausse et devraient continuer sur leur lancée ces prochaines semaines. Et cela d’autant plus que les offres sont d’ores et déjà annoncées modérées, jusqu’à Pâques, et surtout en mars.



Porc : vers plus de fermeté

Porc : vers plus de fermeté

Le marché français est très proche de l’équilibre depuis près de deux semaines, permettant à l’amont de maintenir ses prix de vente. Un retour à la fermeté est à prévoir ces prochaines semaines. L’offre diminue peu à peu, comme le prouve le repli régulier du poids moyen des carcasses (- 300 g la semaine dernière, à 92,8 kg). Dans le même temps, la demande pourrait se révéler plus soutenue, en particulier sur le marché français. L’export sera à surveiller de près. La reprise de l’activité chez nos voisins européens pourrait aussi favoriser notre commerce. L’Espagne continue à redresser ses cours, tandis que l’Allemagne vient de donner son premier signe de fermeté, augmentant sa cotation 56 TVM de 4 centimes vendredi dernier.



Ovins : tassement des cours

Ovins : tassement des cours

L’équilibre fragile de l’offre et de la demande sur de faibles volumes, qui existait jusqu’à présent, commence à se renverser. D’une part, en aval, le commerce de viande d’agneau est difficile en cette période de l’année. D’autre part, l’offre s’étoffe en amont, de plus en plus de Lacaune étant commercialisés. Par ailleurs la qualité de la marchandise disponible à l’importation ne semble parfois pas suffisante pour certains professionnels. En revanche du côté des brebis, l’offre se raréfie. Les éleveurs ne réforment que très peu, pour bénéficier de la prime Pac. Les bonnes brebis, toujours très demandées, ont vu leurs cours s’accroître.



Bovins : tension sur la viande

Bovins : tension sur la viande

Le dynamisme du début d’année sur la viande bovine n’est plus qu’un lointain souvenir. Le commerce est tendu dans la mesure où la demande est calme. Les cours des réformes allaitantes et laitières ont chuté, suite aux pressions des industriels. Par ailleurs, l’année 2009 a été marquée par une baisse sensible du cheptel laitier français (- 120 000 têtes). Les réformes devraient donc être moindres cette année, et ne seront pas totalement compensées par les allaitantes. Les prévisions de l’Institut de l’élevage sont d’ailleurs à un repli de 3 % des abattages bovins. La France va donc accentuer son déficit et prévoit de recourir aux importations, de l’Union européenne ou du Mercosur, ce qui limiterait les hausses de prix.



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