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Céréales

jeudi 27 mai 2010

La sécheresse accroît la tension des prix


Aux prévisions un peu plus pessimistes que prévu sur l’offre française en blé sont venues s’ajouter des inquiétudes sur le « weather market ». On craint en effet une détérioration de la situation dans les zones les plus septentrionales.

Période du 20 au 25 mai. Le marché du blé reste tendu. A la forte réduction des prévisions de stock de blé tendre annoncée par le dernier conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer (voir notre édition du 20 mai) s’ajoute la perspective de plus en plus plausible d’une perte sensible du potentiel de production dans les zones les plus septentrionales de l’Hexagone où la sécheresse perdure. Comme, dans le même temps, la demande reste active pour l’exportation, les vendeurs ne se précipitent pas au marché et les cours en portuaire poursuivent leur progression. La semaine 21 s’engage sur la base de 127 euros pour le blé tendre rendu Rouen, vieille récolte, soit une progression forte mais régulière de 8 euros en une semaine.

Disponibilités abondantes en orge
Comme nous l’avons signalé dans notre précédente chronique, FranceAgriMer a porté à 9,5 millions de tonnes (Mt) ses estimations d’exportation de blé tendre vers les pays tiers. Cette hausse de 300 000 tonnes est justifiée par le rythme des délivrances de certificats : 334 400 t dans l’UE à 27 pour la période du 12 au 18 mai, dont 198 100 pour la France, ce qui porte le total des certificats pour la France à 7,1 Mt depuis le début de la campagne. En fait, 8,3 Mt avaient été chargées au 7 mai, dont 2,7 Mt à destination de l’Algérie, 1,4 pour l’Égypte et 1 Mt pour le Maroc ; on notera aussi 558 000 tonnes à destination du Yemen, ce qui illustre la diversification de nos ventes extérieures.
Le marché de l’orge ne parvient pas à surmonter l’ampleur des disponibilités. Les offres à l’intervention sont très modestes depuis plusieurs semaines malgré les bas prix. Pour la période du 10 au 16 mai, la France n’a présenté aucune offre. Celles-ci atteignent depuis l’ouverture du stockage public 1,1 Mt, en deuxième position derrière l’Allemagne, 1,72 Mt. Le total des offres d’orge à l’intervention dans l’UE atteint 5,36 Mt. Les capacités de stockage pour les offres françaises actuelles sont néanmoins trop étroites et la France a demandé à Bruxelles l’autorisation d’entreposer chez certains de ses voisins du nord de l’UE le superflu (autour de 200 000 tonnes). Les exportations d’orge vers l’UE et les pays tiers et un intérêt plus soutenu des Fab (qui ne se traduit pas dans le bilan prévisionnel de FranceAgriMer) ont permis aux cours de l’orge fourragère de se grignoter 1 ou 2 euros durant la semaine écoulée.
Les prix du maïs à Chicago sont soutenus par la progression des exportations américaines de maïs vers la Chine, dont les achats sur les dernières semaines atteignent un niveau plus vu depuis près de dix ans. Pour la France, c’est la péninsule Ibérique mais aussi l’amidonnerie du Nord communautaire qui entretiennent le courant d’affaires permettant un bon maintien des cours à 145 Fob Bordeaux, lesquels restent néanmoins encore compétitifs sur ces marchés d’export.
Pierre Gautron

Blé : la pluie détend les cours

Blé : la pluie détend les cours

Mardi 25 mai. La détente des cours du blé tendre sur les marchés à terme et physique illustre l’influence de la météo sur les cours. L’annonce de pluies orageuses dans la soirée d’aujourd’hui a suffi à provoquer une détente très nette par rapport à la fermeté enregistrée jusqu’à hier (voir ci-contre). Euronext a accusé un retrait de 1 à 1,75 € selon l’échéance et le marché de gré à gré lâchait 2 €, retrouvant ses bases de fin de semaine dernière à 126 €. Reste à mesurer l’ampleur des dégâts aggravés par les fortes chaleurs de ces derniers jours.



Le blé dur fait mieux que les autres

Le blé dur fait mieux que les autres

Entre le 15 avril et le 15 mai, le cours du blé dur rendu Port-la-Nouvelle est passé de 150 à 170 € la tonne. Cette hausse est d’autant plus remarquée que la campagne s’était déroulée jusqu’en début de cette année sur des bases de prix faibles, dans un climat commercial médiocre. Mais le blé dur bénéficie du raffermissement qui a touché l’ensemble du marché céréalier avec une sensibilité plus grande à la volatilité et à la baisse de l’euro. La demande est plus active pour les destinations Bassin méditerranéen et Moyen-Orient, les frets courts jouant aussi en faveur de l’origine française. Enfin, il semblerait, au vu de la raréfaction de l’offre, que les estimations de récolte aient été optimistes et que le stock de fin de campagne annoncé par le conseil céréales de FranceAgriMer le soit aussi, bien que réduit de 40 000 t, à 274 000 t.



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