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Broutards

jeudi 08 juillet 2010

La France en quête d’alternatives


L’Italie est le principal acheteur de broutards français. Mais la crise économique change le visage du marché transalpin et la production hexagonale rencontre une concurrence ferme venue de l’est. La France doit trouver des alternatives pour écouler sa production.

Les broutards français destinés à l’exportation vont vers l’Italie pour environ 85 % d’entre eux. Mais, d’après FranceAgriMer, de janvier à avril nos voisins transalpins ont baissé leurs achats de 3,6 % par rapport à la même période de l’an passé.
Le marché italien reste néanmoins dominé par les broutards français. La part de marché de l’Hexagone oscille entre 85 et 95 % depuis janvier 2009. Malgré un recul à 80 % en décembre, la France est toujours leader sur le marché italien. D’après FranceAgriMer, la conjoncture n’est pas alarmante, car « en situation de monopole, on peut difficilement gagner des parts de marché, et nous restons de toutes façons incontournables sur la destination de l’Italie ». Les principaux concurrents sont la Pologne (dont la part de marché a doublé entre janvier et février) et la Slovaquie. L’Irlande a su aussi tirer son épingle du jeu (+13 % sur la dernière campagne).

Les exportations françaises ne sont pas encore menacées

Par ailleurs, comme en France, le marché de la viande est morose en Italie. Les abattages de taurillons ont été peu nombreux au premier trimestre (- 9 % par rapport à 2009) et les poids carcasses sont en forte hausse (+ 7 kg en avril par rapport à mars), ce qui témoigne d’un commerce ralenti. Bien que les disponibilités ne soient pas pléthoriques, la concurrence des carcasses françaises, allemandes, polonaises et irlandaises, moins chères, se fait plus pressante. D’après l’Institut de l’élevage, sur les deux premiers mois de l’année, les importations italiennes de viande fraîche ont progressé de plus de 4 % par rapport à 2009.
Au total, les exportations françaises n’ont baissé que de 2 % entre janvier et avril. En effet, la France cherche ailleurs d’autres débouchés. Et a su trouver des alternatives comme la Belgique ou l’Espagne. Ainsi, les envois à destination des pays de l’Union hors Italie ont grimpé de 2,3 % sur cette période, et des destinations auparavant moins fréquentes, comme le Liban ou l’Algérie, attirent les vendeurs français. Au premier trimestre, les ventes à destination de l’Espagne se sont accrues, avant d’être perturbées par la frilosité des banques françaises qui hésitent de plus en plus à accorder des garanties de paiement pour les échanges à destination des pays mal notés par les marchés.
Ainsi, l’élevage du broutard français s’est construit sur l’écart entre les prix des jeunes bovins en France et chez ses voisins européens. Mais cet écart diminue, du fait d’une plus forte baisse des cours à l’étranger. Alors que l’activité d’engraissement est réduite à la portion congrue en France, certains estiment que le contexte pourrait permettre son redémarrage. D’autant plus que cela répond à certains arguments « écologiques ». Mais si d’après FranceAgriMer quelques ateliers reprennent, l’exportation de broutards, à condition de savoir s’adapter, a encore de beaux jours devant elle.
Virginie Pinson

Veaux : rude concurrence

Veaux : rude concurrence

La viande de veau française affronte la concurrence néerlandaise depuis le mois de mai. La marchandise hollandaise est très compétitive, et gagne des parts de marché auprès de la restauration hors foyer, voire même des GMS. En effet, les méthodes d’élevage diffèrent aux Pays-Bas et en France. Nos voisins utilisent moins de poudre de lait, ce qui mène à l’obtention d’une viande plus rosée, mais beaucoup plus compétitive que la viande plus claire française, en ces temps de hausse des cours des produits laitiers. L’écart de prix s’est donc creusé en notre défaveur. Du côté de la consommation des ménages, elle se maintient d’après FranceAgriMer, quoique ponctuelle.



Beurre : un palier atteint ?

Beurre : un palier atteint ?

En semaine 25, la cotation nationale française du beurre a atteint 3 530 euros la tonne. Les références de nos voisins européens sont encore supérieures. Sur le marché spot, les échanges se faisaient aux alentours de 3 900 euros la tonne la semaine dernière. Ces niveaux de prix sont très élevés, et si la demande est soutenue, les industriels tentent d’étaler leurs achats. Mais plusieurs indices semblent refléter un allégement du marché à venir. À court terme, la Commission européenne devrait rouvrir son stock d’intervention pour apaiser les tensions. À moyen terme, même si la collecte n’est jamais abondante en été, elle pourrait se redresser à la rentrée. En mai, le prix du lait était plus incitatif, et les éleveurs ont moins réformé.



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