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Cerise d’industrie

jeudi 06 mai 2010

Fruits rouges, indicateurs verts


La production de bigarreau d’industrie se porte plutôt bien en France, malgré un léger recul des volumes en 2010. La principale coopérative d’approvisionnement, Copebi, se lance dans la transformation industrielle.

Les confiseurs français ont globalement mieux tiré leur épingle du jeu en 2009 que leurs concurrents. Les exportations sur le marché européen se sont en effet élevées à 5 425 tonnes et en dépit d’une perte de tonnage (600 tonnes) le recul est moins significatif que pour l’Espagne, l’Italie et la Grèce. Cette situation est inhérente au positionnement commercial du bigarreau dont le principal marché est le Royaume-Uni, qui capte à lui seul 80 % des flux commerciaux. « Les confiseurs français sont les seuls à proposer les cerises confites en petites unités consommateur, explique Jean-Paul Ravier, directeur de la coopérative Copebi. Ce débouché a plutôt bien résisté alors que le marché du vrac s’est effondré. À la faveur de la crise, les Britanniques se sont remis à la préparation de gâteaux maison, ont limité leurs achats de pâtisseries industrielles et sont moins sortis, ce qui a joué en notre faveur. »
Pour la campagne à venir (il est trop tôt pour faire des prévisions de tonnage), les indicateurs sont au vert. « En début d’année, souligne Jean Pierre Cuxac, président de la même coopérative, les sorties étaient supérieures de 40 % par rapport à la même période de l’année précédente. Ce qui signifie que la campagne à venir va démarrer avec quasiment pas de stocks. » Cela étant, la campagne 2009 a été délicate. Des achats opportunistes fin 2008 de la part des confiseurs ont pesé sur le marché. En conséquence, les industriels ont réduit leurs achats de cerises françaises. « À mon sens, ajoute Jean-Pierre Cuxac, une baisse aussi importante, alors que les besoins réels se situent entre 7 500 et 8 000 tonnes, n’était pas justifiée. Cette attitude est incohérente, mais nous pouvons espérer les voir remonter cette année. »

Dépendance commerciale
Avec plus de 6 000 tonnes de cerises entrées à la coopérative sur les 7 384 tonnes de la récolte française, Copebi (à Villars, dans le Vaucluse) est l’opérateur majeur sur le marché. Une position parfois délicate, puisque Copebi supporte la plus grande part de la baisse des achats des confiseurs. Kerry Aptunion, premier client de Copebi, place parfois la coopérative en position de dépendance. L’heure est donc à la diversification, avec la transformation et la commercialisation de la cerise confite en propre. L’unité de transformation de Copebi a travaillé l’année dernière pas moins de 1 100 tonnes de fruits confits, un record pour la structure. Le rachat d’installations de stockage et de réception de la coopérative de Péréal va permettre de porter la capacité industrielle à 1 500 tonnes dès cette année. À court terme, le président n’exclut pas d’aller plus loin dans la transformation, au risque de se frotter commercialement avec son principal client.
Catherine Brunner

Ovin : moins d’agneaux anglais

Ovin : moins d’agneaux anglais

Les cours des agneaux ont suivi leur traditionnelle courbe printanière, amorçant leur descente d’après Pâques. Cependant, les cours des Lacaunes français restent à des niveaux corrects pour la période, car la concurrence britannique se fait peu sentir pour le moment. Les exportations néo-zélandaises vers l’Angleterre sont en effet en baisse cette année. Par conséquent, nos voisins écoulent davantage leur production sur leur marché intérieur, alors même qu’elle est en baisse (-19 % sur janvier et février par rapport à 2009). Tout concourt donc à retarder l’arrivée dans l’Hexagone d’agneaux importés, ce qui permet de freiner la baisse saisonnière sur les marchés en vif.



Veaux : tension sur les marchés

Veaux : tension sur les marchés

L’offre en petits veaux croisés est légèrement supérieure cette année. Suite à la FCO, les agriculteurs avaient gardé davantage de jeunes femelles qui ont leur premier veau cette année. Or les besoins n’ont, pour leur part, pas augmenté. D’autant plus qu’avec la hausse des coûts de l’aliment, le budget des engraisseurs est serré. L’IMFAL, indice des matières premières entrant dans la fabication des aliments d’allaitement, a ainsi fortement progressé en semaine 15 suite à la revalorisation des poudres de lait, et atteint un niveau supérieur de près de 45 % à celui de l’an passé à la même date. Tout laisse à penser que le commerce des petits veaux va rester difficile, le marché des produits laitiers devant rester tendu.



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