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Produits de saison

jeudi 10 juin 2010

Agneaux de Lacaune : après Pâques, le calme


La saison des agneaux de Lacaune touche à sa fin, légèrement en retard par rapport aux années passées. Si les ménages n’ont pas renié le traditionnel gigot pascal, le commerce demeure difficile dans l’Hexagone où la demande s’effrite année après année.

Les apports d’agneaux de race Lacaune sur les marchés français commencent à diminuer, comme de rigueur en cette période de l’année. La saison s’est cependant davantage prolongée, du fait d’un nombre supérieur d’agneaux disponibles. Non que le cheptel français soit redevenu dynamique – la production française s’est effondrée en 2009, perdant 8,4 % en volume. Mais nos exportations d’agnelets ont été mauvaises en début d’année. En janvier, elles reculaient de 65 % vers l’Italie et de 17 % vers l’Espagne. En février, elles perdaient encore respectivement 17 et 21 %. Dans ce contexte, le nombre d’animaux élevés pour produire des agneaux à destination du marché intérieur a augmenté, ce qui explique la relative hausse des disponibilités et la longueur de la campagne, qui se finit difficilement, talonnée par l’arrivée des laitons d’outre-Manche.

Les achats des ménages deviennent plus ponctuels
Le point culminant de la saison pour les ventes d’agneau est bien sûr Pâques. Cette année n’a pas dérogé à la règle, les abattages d’agneaux ont été importants en mars, avec 441 700 agneaux d’après Agreste (contre 444 700 en avril 2009, mois de Pâques). En poids, ils ont même, avec 7 600 tonnes, dépassé de 100 tonnes leur niveau de l’an dernier, grâce à une petite hausse du poids moyen pondéré (+1 % d’après l’Institut de l’élevage). La demande était donc bien présente, même si les achats des ménages se sont un peu dégradés, en baisse de 1,7 % par rapport à Pâques 2009, d’après Kantar Worldpanel. Mais si la consommation d’agneau bat son plein pour Pâques, elle est bien plus morose hors de cette occasion particulière. Les achats de viande à griller ou rôtir de la période de Pâques (mi-mars à mi-avril) sont supérieurs de 130 % en volume à ceux de la période de mi-février à mi-mars. Et dans la période suivante (mi-avril à mi-mai), ils rechutent de 55,5 %.
Mis à part le traditionnel gigot pascal, l’agneau a donc de moins en moins de place dans les assiettes des Français. En effet, en mai, la consommation a continué de se replier. Sur la période de mi-avril à mi-mai, les achats de viande ovine par les ménages sont en repli de 7,3 % par rapport à l’an passé. Ce n’est pas que les ménages se détournent massivement de l’agneau pour autant. Conséquence de la crise, ils s’orientent vers les morceaux les moins chers. Si les achats de viande à griller ou rôtir ont baissé de 10,1 % par rapport à l’an dernier, ceux de viande à braiser ou à bouillir, moins onéreuse, sont en hausse de 13,8 %. Mais d’un autre côté, les agneaux labellisés, ou de qualité supérieure, principalement présents sur les marchés de Poitou-Charentes, bénéficient toujours d’une demande soutenue de la part d’une clientèle fidèle.

Depuis Pâques, les prix baissent fortement en France
Au cours de la semaine précédant Pâques, le prix moyen pondéré des agneaux a atteint 6,04 euros par kg, soit le même niveau que pour Pâques 2009. Cependant, les prix ont depuis davantage baissé, frôlant en semaine 21 ceux de 2008, la demande étant peu présente, en partie à cause des conditions météo médiocres de mai. D’après certains opérateurs, les sorties d’agneaux
de Lacaune devraient durer jusqu’après mi-juin. Or, les arrivages de viandes venant d’Angleterre et d’Irlande s’étoffent, malgré la baisse de leur production en 2010. En février, la production britannique était inférieure de 8 % à celle de 2009 et en Irlande, la production est en recul de 13 % sur les trois premiers mois de l’année. La tension qui règne aujourd’hui sur les marchés en vif risque donc de s’accentuer.
D’autant plus que la pression sur les prix pourrait, cette année, venir de la Nouvelle-Zélande, dont la production s’est rétablie après une année 2009 difficile.
Virginie Pinson

Les néo-zélandais dans la mêlée

Lors de la campagne 2008-2009, les disponibilités néo-zélandaises étaient en forte baisse du fait de la décapitalisation du cheptel. Pour cette campagne, le recul est moins prononcé, et la prolificité des brebis s’est améliorée (+11 %). Le nombre d’agneaux disponibles serait en hausse de 6 % pour cette saison. Les exportations néo-zélandaises, retardées par les mauvaises conditions climatiques de l’automne austral, se réorientent. Elles diminuent vers le Royaume-Uni (-12 % en mars), mais augmentent vers l’Hexagone (+8 % en mars, avec 320 téc).



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