ÉDITO |
jeudi 02 septembre 2010 |
Manque d’éducation
« Qualité des fruits d’été : peut mieux faire ! » estime l’association CLCV alors que Familles rurales juge les fruits et légumes trop chers voire inaccessibles lorsqu’ils sont bio. Largement relayées dans les médias, ces récentes prises de position ont déclenché la colère d’une filière, « unie » pour l’occasion. « Il ne faut accorder aucun intérêt à ce tissu de contre-vérités », s’est rapidement insurgé Gilles Vignaud, président de l’interprofession (Interfel), à propos des relevés de prix de Familles rurales. Dominique Marion, président des producteurs bio (Fnab), a vu dans ces publications le moyen pour des associations consuméristes, mises en concurrence par la réforme de leur représentation, d’obtenir « un bon retour sur investissement médiatique ». La Coordination rurale, elle, a répondu sans nuances que « les produits aujourd’hui sur le marché sont la conséquence directe de la demande des clients », pointant « le manque de connaissance » des chefs de rayons fruits et légumes en GMS et « le manque d’éducation des consommateurs (sic !) ». Le consommateur, à qui l’on martèle de manger cinq fruits et légumes par jour, n’aurait-il pas droit à la critique sous prétexte que ses exigences sont trop élevées ? Sans doute excessives, les positions de CLCV et Familles rurales reflètent un sentiment largement répandu dans l’esprit des Français. « Toute critique ayant son lot de vérité », les producteurs de fruits (FNPF) invitent les consommateurs à s’exprimer sur www.fruidissi.fr pour « qu’arrivent au plus vite dans les magasins des fruits non déceptifs ». Ouf, la chaleur estivale n’a finalement pas fait perdre la raison à l’ensemble de la filière, un maillon s’est rappelé que le client aime à être traité avec un minimum de bonnes manières.
Nathalie Marchand