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Le beaufort capitalise sur le tourisme montagnard
  • Galapagos veut céder ses parts dans Goûters Magiques

    Comme révélé hier dans Les Marchés, la holding Galapagos annonce qu’elle « est en pourparler pour céder la majorité de ses parts de sa filiale Goûters Magiques ». « Cette discussion est conforme aux dispositions prises lors de la création de Goûters magiques en 2007 par le rapprochement des groupes Galapagos et Norac » précise le groupe Galapagos dans un communiqué. Goûters Magiques, créé à parts égales par les deux groupes, situé à Locminé (56) (...)
  • Viandes : l’UFC-Que Choisir dénonce l’opacité

    «54% des produits font l’impasse sur l’origine de la viande » déplore UFC-Que Choisir qui publie ce jour les résultats d’une enquête sur la mention de l’origine des viandes dans les produits transformés, trois ans jour pour jour après le scandale des lasagnes au cheval. L’association a étudié en janvier dernier l’étiquetage de 245 aliments de consommation courante à base de viande de bœuf, de porc, de poulet pour 13 grandes marques (...)
  • La Boucherie reprend Bistrot du Boucher et l’Assiette au Bœuf

    Le groupe La Boucherie a acheté hier auprès d’Agapes Restauration les enseignes Bistrot du Boucher et L’Assiette au Bœuf. Une opération réalisée avec un pool bancaire autour du Crédit Agricole Anjou Maine, précise Christophe Mauxion, DG de La Boucherie. Il s’agit d’un achat stratégique pour le groupe, positionné sur le grill avec ses 131 restaurants. « Bistrot du Boucher (20 restaurants, partout en France sauf dans le Sud Est, ndlr) se situe en centre (...)
  • Bonduelle va vendre à Ardo sa part dans l’Espagnol UCR

    Bonduelle a annoncé hier un projet d’accord pour céder la totalité de ses parts (soit 50%) dans la joint-venture Ultracongelados de la Ribera à Ardo. L’accord rétroactif au 1er janvier conduirait à l’intégration de l’usine de production de Benimodo (à Valence en Espagne) dans la structure industrielle du Belge Ardo (841 Me de CA en 2015), leader européen de production de légumes surgelés. L’usine de Benimodo produit près de 30 000 t de légumes surgelés (...)
 

France & Union Européenne

Mardi 09 février 2016

Les produits de la coopération au Sia

«Et si on consommait coopératif ? ». Ce message s’affichera pendant le Salon international de l’Agriculture, annonce Coop de France, sur les 900 écrans digitaux des gares, à Paris comme en Province. L’organisation des (...)

Mardi 09 février 2016

Bretagne : six plateformes de GMS bloquées

Six plateformes logistiques de la grande distribution étaient bloquées mardi en Bretagne par des agriculteurs qui réclament de meilleurs prix d’achat pour leurs produits par les grandes enseignes, rapporte l’AFP. En Ille-et-Vilaine les (...)

Mardi 09 février 2016

Fleury Michon va afficher l’origine de la viande sur tous ses produits

Le directeur général du groupe agroalimentaire Fleury Michon, Régis Lebrun, a annoncé hier que le numéro un français de la charcuterie allait désormais afficher l’origine de la viande sur tous ses produits. « On a décidé sur (...)

Mardi 09 février 2016

Le groupe Dubreuil se retire de la distribution alimentaire

Le groupe vendéen Dubreuil, présent dans huit secteurs dont la distribution automobile, le transport aérien et les produits pétroliers, se désengage d’un de ses métiers historiques, la distribution alimentaire. Il a annoncé le 3 février (...)

International

Mardi 09 février 2016

Dr Oetker construit une usine en Inde

L’industriel allemand Dr Oetker construit actuellement une usine d’une capacité de 25 000 tonnes au Rajasthan, état du Nord-Ouest de l’Inde, selon l’agence Press Trust of India. Elle devrait être opérationnelle en (...)

Mardi 09 février 2016

Afrique du sud : ABF veut racheter Illovo Sugar

En Afrique du sud, Associated British Foods, qui détient 51,35 % du capital d’Illovo Sugar, a annoncé son intention de racheter les actions restantes du producteur de sucre, indique l’agence Ecofin. La proposition intervient alors que (...)


Mercredi 08 avril 2009

Le beaufort capitalise sur le tourisme montagnard


Le troisième fromage alpin en volume, qui possède le cahier des charges le plus contraignant des appellations laitières d’origine contrôlée, multiplie les efforts de conditionnement et de promotion pour accroître ses ventes en direct. Une fois rentrés en ville, les touristes en redemanderont.


Le beaufort vit sur un paradoxe : si les producteurs de lait de beaufort sont en tête pour la valorisation du lait en France, avec 0,50 à 0,60 euros le kilo collecté contre 0,30 en moyenne, ils disposent en revanche d’un revenu agricole parmi les plus bas de France et d’une production par élevage (à 40 000 kg par an) atteignant moins de la moitié de la moyenne nationale. La faute en est principalement aux coûts de production, plus élevés en montagne. Le système ne survit d’ailleurs que grâce aux subventions et à la pluriactivité (la moitié des exploitants exerce un autre emploi, en général dans le tourisme). 650 producteurs sur 470 exploitations avec 13 000 têtes fabriquent encore du beaufort en Savoie. Sept coopératives produisent les trois quarts du beaufort ; la filière comprend également près d’une trentaine de producteurs particuliers transformant uniquement le lait de leur troupeau, deux coopératives d’affinage, cinq groupements pastoraux qui continuent de fabriquer eux-mêmes leur fromage et deux acheteurs de lait (Entremont et le grossiste Guiguet).

Un cahier des charges contraignant

Le beaufort – appelé vachelin au Moyen-âge – est reconnaissable à son talon concave. Il pèse 4 500 tonnes par an (soit environ 115 000 meules), quatre fois moins que le reblochon, le premier symbolisant plutôt l’image de la Savoie, le second celle de la Haute-Savoie. Le décret d’appellation, qui remonte à 1968, limite la production aux vallées du Beaufortain, de la Tarentaise, de la Maurienne et une partie du val d’Arly. Parmi les règles de production, le lait doit provenir de vaches tarine ou abondance nourries uniquement de foin et d’herbe pâturée en ration de base. Le temps d’affinage est de 5 mois minimum. C’est le cahier des charges le plus contraignant des AOC laitières. Dans les années 60, on n’en produisait plus que 500 tonnes par an. La proportion de beaufort classé en A (zéro défaut) est passé de 40 % au début des années 80 à près de 90 % quinze ans plus tard.

Le pari de la filière intégrée

La tendance actuelle est à l’intégration totale de la filière, de la maîtrise de la production à la commercialisation du produit préemballé. La coopérative tarentaise, qui représente 15 % de la production totale, a entrepris pour son salut une complète restructuration. « L’objectif était de s’équiper pour aller jusqu’au conditionnement, au plus près du consommateur, et récupérer ainsi la plus-value, explique Georges Juglaret, vice-président de la coopérative laitière de Haute Tarentaise à Bourg-Saint-Maurice. « Lactalis achetant et conditionnant pour la grande distribution mais pas sur la zone, il s’agissait de profiter de l’opportunité pour jouer la carte de l’affinage car avant, c’était plutôt les grossistes qui conservaient le beaufort plusieurs mois pour l’affiner ». Un pari osé que cette gestion directe, alors que le reblochon a choisi d’intégrer depuis longtemps la pyramide industrielle. Les derniers investissements viennent donc d’être bouclés à la coopérative : 12 millions d’euros entre 1991 et 2008, principalement pour bénéficier d’un atelier de découpe complet et pour mieux conserver le fromage, en particulier le beaufort d’été (produit de juin à octobre et affiné 12 mois minimum). Aujourd’hui, la coopérative en vend plus d’un quart en direct dans ses cinq magasins, 5 % à la GMS locale, 35 % aux grossistes, autant aux crémiers, notamment sur Paris, Lille et Lyon. Le crémier achète plutôt par quart de meule (10 kg), revendant à 25-30 euros le kg, la GD ou le libre-service en sachet de 250 g autour de 18-20 euros et la coopérative à 14-15 euros sur place, selon l’affinage.

Des ventes directes en hausse

Les ventes en Rhône-Alpes représentent 35 % du gâteau « Beaufort » et les ventes directes se développent régulièrement. « Les coopératives totalisent désormais 36 magasins en stations, représentant 15 à 20% des ventes, explique Maxime Mathelin, chargé de la promotion au syndicat de défense. Non seulement les ventes sont en progression, mais avec un ticket moyen de plus en plus élevé. Les consommateurs sont de plus en plus demandeurs d’informations sur les produits régionaux ; c’est ce qu’ont constaté par exemple les moniteurs des écoles de ski dont nous sommes partenaires depuis cinq ans ». La promotion passe également par des partenariats avec les boulangeries pour afficher le beaufort sur les sacs à pain. Au total, le syndicat met sur la table un budget de 600 000 euros par an, dont la moitié dans la promotion locale.

Quant au beaufort d’alpage, petite niche haut de gamme représentant à peine 6 % de la production et soumise à un cahier des charges strict (un seul troupeau, un atelier à plus de 1 500 mètres d’altitude, pas de soutirage sous vide mais directement sur toile, deux fois par jour), il est surtout vendu en stations. À l’instar des supermarchés Casino de Val d’Isère, qui ne commercialisent que du beaufort d’alpage aux touristes. « Puisque les caves nous vendent le beaufort et le beaufort d’été au même prix qu’à leurs clients, nous avons préféré valoriser une qualité haut de gamme à 20-25 euros le kg, commente Hervé Le Darz, cogérant de l’enseigne. Le beaufort est d’ailleurs, avec la tomme, le fromage le plus vendu chez nous ».

Frédérique Hermine
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