Le beaufort capitalise sur le tourisme montagnard
  • La DGCCRF pointe la persistance de contaminations croisées

    Les contrôles annuels réalisés par la DGCCRF ces dernières années auprès des opérateurs de l’alimentation animale montrent « une absence d’utilisation frauduleuse des antibiotiques ou de coccidiostatiques mais une persistance des contaminations croisées », indique la direction générale des fraudes dans un communiqué. Sur les 242 prélèvements effectués, 51 se sont révélés non conformes (21,1% du total). La moitié de ces non-conformités est due à une...
  • Les biocarburants ont été moins consommés en Europe

    L’année 2013 a marqué une rupture en matière de consommation de biocarburants destinés aux transports dans l’Union européenne. Selon le baromètre d’EurObserv’ER, l’Observatoire européen des énergies renouvelables, la consommation de biocarburants aurait diminué de 6,8% entre 2012 et 2013, pour atteindre un niveau de 13,6 millions de tonnes équivalent pétrole (tep) contre 14,6 millions de tep un an plus tôt. En revanche, la consommation de biocarburants...
  • La région Pays de la Loire vote des aides pour les circuits courts

    La Région des Pays de la Loire a adopté en juin 2012 une charte sur les circuits alimentaires de proximité et de qualité. Deux appels à projet ont été lancés depuis afin d’accompagner les initiatives d’acteurs du secteur agricole et agroalimentaire. Réuni le 7 juillet en Commission permanente, le Conseil régional a attribué 83 000 euros d’aides à trois dossiers. L’association de producteurs fermiers Terroirs 44, pratiquant la vente directe, sera accompagnée...
  • Le gouvernement rappelle à l’ordre la grande distribution

    Le ministre de l’économie, Arnaud Montebourg, le directeur de cabinet de Stéphane Le Foll, Philippe Mauguin et Carole Delga, secrétaire d’Etat chargée du commerce, ont reçu hier à Bercy les représentants de la grande distribution, des industries agroalimentaires et des agriculteurs. Arnaud Montebourg se serait montré virulent à l’encontre des distributeurs, affirmant qu’il aimait bien jouer « au père fouettard », mais aucune piste tangible semble...
 

France & Union Européenne

Mercredi 23 juillet 2014

La filière volaille a rendez-vous vendredi

Les acteurs de la filière volailles vont se retrouver vendredi à 15h à la préfecture de Rennes pour plancher sur l'élaboration d'un modèle viable pour les volaillers exportateurs, et notamment pour Tilly-Sabco, en grande difficulté. La semaine...

Mercredi 23 juillet 2014

Des conchyliculteurs ont manifesté à La Rochelle

Une vingtaine de bateaux et quelque 200 conchyliculteurs ont bloqué mardi pendant plusieurs heures l'accès au port de La Rochelle pour attirer l'attention sur la dégradation croissante du milieu marin et ses conséquences sur la production. Les...

Mercredi 23 juillet 2014

Dégâts agricoles après les orages en Ardèche

Les violents orages de dimanche ont dégradé quelque 250 hectares de vigne, ainsi que les surfaces de vergers alentour, dans les communes de Saint-Just-d'Ardèche et Saint-Marcel-d'Ardèche. Entre 30 et 40 vignerons et une dizaine d'arboriculteurs...

Mercredi 23 juillet 2014

Nouvelles mesures d'urgence en Lettonie contre la fièvre porcine

La Lettonie a annoncé de nouvelles mesures d'urgence mardi dans une partie du territoire pour lutter contre la filière porcine africaine dans les élevages de porcs. Une zone de quarantaine couvre les régions limitrophes du Bélarus, de l'Estonie,...

International

Mercredi 23 juillet 2014

McDonald's a toujours du mal à relancer ses ventes

La chaîne américaine de restauration rapide McDonald's a déçu mardi avec une performance trimestrielle inférieure aux attentes, révélant ses difficultés à trouver un nouveau souffle pour relancer ses ventes face à une concurrence féroce....

Mercredi 23 juillet 2014

Castel produit du vin éthiopien

Le français Castel a tiré cette année sa première cuvée (1,2 million de bouteilles) de son vignoble situé dans le sud de l’Ethiopie. N°3 mondial du vin, il s'est lancé en 2007 dans l'aventure vinicole en Ethiopie, où le groupe,...


Mercredi 08 avril 2009

Le beaufort capitalise sur le tourisme montagnard


Le troisième fromage alpin en volume, qui possède le cahier des charges le plus contraignant des appellations laitières d’origine contrôlée, multiplie les efforts de conditionnement et de promotion pour accroître ses ventes en direct. Une fois rentrés en ville, les touristes en redemanderont.


Le beaufort vit sur un paradoxe : si les producteurs de lait de beaufort sont en tête pour la valorisation du lait en France, avec 0,50 à 0,60 euros le kilo collecté contre 0,30 en moyenne, ils disposent en revanche d’un revenu agricole parmi les plus bas de France et d’une production par élevage (à 40 000 kg par an) atteignant moins de la moitié de la moyenne nationale. La faute en est principalement aux coûts de production, plus élevés en montagne. Le système ne survit d’ailleurs que grâce aux subventions et à la pluriactivité (la moitié des exploitants exerce un autre emploi, en général dans le tourisme). 650 producteurs sur 470 exploitations avec 13 000 têtes fabriquent encore du beaufort en Savoie. Sept coopératives produisent les trois quarts du beaufort ; la filière comprend également près d’une trentaine de producteurs particuliers transformant uniquement le lait de leur troupeau, deux coopératives d’affinage, cinq groupements pastoraux qui continuent de fabriquer eux-mêmes leur fromage et deux acheteurs de lait (Entremont et le grossiste Guiguet).

Un cahier des charges contraignant

Le beaufort – appelé vachelin au Moyen-âge – est reconnaissable à son talon concave. Il pèse 4 500 tonnes par an (soit environ 115 000 meules), quatre fois moins que le reblochon, le premier symbolisant plutôt l’image de la Savoie, le second celle de la Haute-Savoie. Le décret d’appellation, qui remonte à 1968, limite la production aux vallées du Beaufortain, de la Tarentaise, de la Maurienne et une partie du val d’Arly. Parmi les règles de production, le lait doit provenir de vaches tarine ou abondance nourries uniquement de foin et d’herbe pâturée en ration de base. Le temps d’affinage est de 5 mois minimum. C’est le cahier des charges le plus contraignant des AOC laitières. Dans les années 60, on n’en produisait plus que 500 tonnes par an. La proportion de beaufort classé en A (zéro défaut) est passé de 40 % au début des années 80 à près de 90 % quinze ans plus tard.

Le pari de la filière intégrée

La tendance actuelle est à l’intégration totale de la filière, de la maîtrise de la production à la commercialisation du produit préemballé. La coopérative tarentaise, qui représente 15 % de la production totale, a entrepris pour son salut une complète restructuration. « L’objectif était de s’équiper pour aller jusqu’au conditionnement, au plus près du consommateur, et récupérer ainsi la plus-value, explique Georges Juglaret, vice-président de la coopérative laitière de Haute Tarentaise à Bourg-Saint-Maurice. « Lactalis achetant et conditionnant pour la grande distribution mais pas sur la zone, il s’agissait de profiter de l’opportunité pour jouer la carte de l’affinage car avant, c’était plutôt les grossistes qui conservaient le beaufort plusieurs mois pour l’affiner ». Un pari osé que cette gestion directe, alors que le reblochon a choisi d’intégrer depuis longtemps la pyramide industrielle. Les derniers investissements viennent donc d’être bouclés à la coopérative : 12 millions d’euros entre 1991 et 2008, principalement pour bénéficier d’un atelier de découpe complet et pour mieux conserver le fromage, en particulier le beaufort d’été (produit de juin à octobre et affiné 12 mois minimum). Aujourd’hui, la coopérative en vend plus d’un quart en direct dans ses cinq magasins, 5 % à la GMS locale, 35 % aux grossistes, autant aux crémiers, notamment sur Paris, Lille et Lyon. Le crémier achète plutôt par quart de meule (10 kg), revendant à 25-30 euros le kg, la GD ou le libre-service en sachet de 250 g autour de 18-20 euros et la coopérative à 14-15 euros sur place, selon l’affinage.

Des ventes directes en hausse

Les ventes en Rhône-Alpes représentent 35 % du gâteau « Beaufort » et les ventes directes se développent régulièrement. « Les coopératives totalisent désormais 36 magasins en stations, représentant 15 à 20% des ventes, explique Maxime Mathelin, chargé de la promotion au syndicat de défense. Non seulement les ventes sont en progression, mais avec un ticket moyen de plus en plus élevé. Les consommateurs sont de plus en plus demandeurs d’informations sur les produits régionaux ; c’est ce qu’ont constaté par exemple les moniteurs des écoles de ski dont nous sommes partenaires depuis cinq ans ». La promotion passe également par des partenariats avec les boulangeries pour afficher le beaufort sur les sacs à pain. Au total, le syndicat met sur la table un budget de 600 000 euros par an, dont la moitié dans la promotion locale.

Quant au beaufort d’alpage, petite niche haut de gamme représentant à peine 6 % de la production et soumise à un cahier des charges strict (un seul troupeau, un atelier à plus de 1 500 mètres d’altitude, pas de soutirage sous vide mais directement sur toile, deux fois par jour), il est surtout vendu en stations. À l’instar des supermarchés Casino de Val d’Isère, qui ne commercialisent que du beaufort d’alpage aux touristes. « Puisque les caves nous vendent le beaufort et le beaufort d’été au même prix qu’à leurs clients, nous avons préféré valoriser une qualité haut de gamme à 20-25 euros le kg, commente Hervé Le Darz, cogérant de l’enseigne. Le beaufort est d’ailleurs, avec la tomme, le fromage le plus vendu chez nous ».

Frédérique Hermine
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