Le beaufort capitalise sur le tourisme montagnard
  • Sofiprotéol cède son activité volailles à LDC

    Sofiprotéol et LDC ont annoncé vendredi soir un projet d’alliance pour « aller chercher les 40 % de volailles importées en France », selon Denis Lambert, PDG du groupe volailler. Concrètement le pôle animal de Sofiprotéol (60 sites de production, travaillant avec 2800 éleveurs de volailles, un peu moins de 2 Mdse de CA) va céder à LDC (62 sites de production, dont 38 en volaille, travaillant avec 5010 éleveurs) cinq sites de production (Boscher volailles, volailles de...
  • Feu vert au rachat de Gad SAS par SVA-Jean Rozé

    Le tribunal de commerce de Rennes a donné son feu vert, jeudi, à l’offre de reprise de la SVA-Jean Rozé (Intermarché) de l’abattoir Gad de Josselin. 530 des 755 salariés sont conservés et le repreneur s’engage à investir 20 M€ dès 2015. Gad SAS, filiale de Cecab et Prestor, avait été liquidée le 11 septembre avec poursuite d’activité pendant trois mois pour laisser le temps à la SVA, seul candidat déclaré de formuler son offre de reprise...
  • InVivo NSA investit dans le petfood au Brésil

    InVivo NSA, filiale du groupe InVivo, vient de signer un accord en vue de l’acquisition de Total Alimentos, troisième acteur brésilien du petfood. « L’acquisition de Total Alimentos permet de constituer un leader latino-américain du petfood, marché dans lequel notre groupe occupe déjà une position majeure au Mexique (3e acteur national), commente Hubert de Roquefeuil, directeur général d’InVivo Nutrition et Santé animales, dans un communiqué. Elle nous donne...
  • L’Algérie accueille de nouveau des bovins vivants français

    Hier, Stéphane Le Foll a annoncé que les importations en Algérie de bovins vivants depuis la France étaient à nouveau possibles. Le ministre s’exprimait à l’occasion du lancement d’un jumelage entre les services vétérinaires français et algériens. Cette bonne nouvelle était attendue depuis une quinzaine de jours à la Fédération française des commerçants en bestiaux (FFCB). Comme l’explique le directeur de cette fédération, la fièvre aphteuse, déclarée...
 

France & Union Européenne

Lundi 20 octobre 2014

Senoble se désengage totalement de Senagral

«Le groupe Senoble est sur le point de céder la participation de 49%, à la coopérative Agrial, déjà majoritaire, de sa filiale Senagral », indique Marc Senoble, président du groupe dans un communiqué. Senoble se désengage ainsi...

Lundi 20 octobre 2014

Au Sial, l’agroalimentaire français joue le romantisme

« Made in France, made with love » telle est la nouvelle signature du Pavillon France, déployée cette semaine au Sial par la Sopexa. Cette nouvelle « promesse très romantique », comme le souligne Nicolas Trentesaux,...

Lundi 20 octobre 2014

Stéphane Le Foll annonce un renforcement du soutien des IAA à l’export

« Conscient des difficultés et des défis auxquels ils font face dont l’embargo russe », Stéphane Le Foll a réaffirmer aux industriels « que le gouvernement est mobilisé pour soutenir le secteur agroalimentaire notamment...

Lundi 20 octobre 2014

Volatilité, guerre des prix, affichage nutritionnelle : l’Ania interpelle l’Etat

« Il devient urgent, qu’ensemble, nous apportions 3 réponses à 3 situations inquiétantes et inédites de ces dix dernières années : la volatilité de nos matières premières agricoles, la guerre des prix stupide et contreproductive...

International

Lundi 20 octobre 2014

Foodpolis : le rêve coréen d’une cité de l’alimentaire

« Pour conquérir l’Asie, venez chez nous! », avec Foodpolis, une cité 100% dédiée à l’alimentation, la Corée du Sud rêve de jouer les passeurs entre le reste du monde et un marché d’1,5 milliard de consommateurs...

Vendredi 17 octobre 2014

Chiquita éconduit les Brésiliens Cutrale et Safra

Le spécialiste américain de la banane Chiquita Brands International a rejeté jeudi l’offre d’achat améliorée des groupes brésiliens Cutrale et Safra et a confirmé sa volonté de fusionner avec l’importateur et distributeur...


Mercredi 08 avril 2009

Le beaufort capitalise sur le tourisme montagnard


Le troisième fromage alpin en volume, qui possède le cahier des charges le plus contraignant des appellations laitières d’origine contrôlée, multiplie les efforts de conditionnement et de promotion pour accroître ses ventes en direct. Une fois rentrés en ville, les touristes en redemanderont.


Le beaufort vit sur un paradoxe : si les producteurs de lait de beaufort sont en tête pour la valorisation du lait en France, avec 0,50 à 0,60 euros le kilo collecté contre 0,30 en moyenne, ils disposent en revanche d’un revenu agricole parmi les plus bas de France et d’une production par élevage (à 40 000 kg par an) atteignant moins de la moitié de la moyenne nationale. La faute en est principalement aux coûts de production, plus élevés en montagne. Le système ne survit d’ailleurs que grâce aux subventions et à la pluriactivité (la moitié des exploitants exerce un autre emploi, en général dans le tourisme). 650 producteurs sur 470 exploitations avec 13 000 têtes fabriquent encore du beaufort en Savoie. Sept coopératives produisent les trois quarts du beaufort ; la filière comprend également près d’une trentaine de producteurs particuliers transformant uniquement le lait de leur troupeau, deux coopératives d’affinage, cinq groupements pastoraux qui continuent de fabriquer eux-mêmes leur fromage et deux acheteurs de lait (Entremont et le grossiste Guiguet).

Un cahier des charges contraignant

Le beaufort – appelé vachelin au Moyen-âge – est reconnaissable à son talon concave. Il pèse 4 500 tonnes par an (soit environ 115 000 meules), quatre fois moins que le reblochon, le premier symbolisant plutôt l’image de la Savoie, le second celle de la Haute-Savoie. Le décret d’appellation, qui remonte à 1968, limite la production aux vallées du Beaufortain, de la Tarentaise, de la Maurienne et une partie du val d’Arly. Parmi les règles de production, le lait doit provenir de vaches tarine ou abondance nourries uniquement de foin et d’herbe pâturée en ration de base. Le temps d’affinage est de 5 mois minimum. C’est le cahier des charges le plus contraignant des AOC laitières. Dans les années 60, on n’en produisait plus que 500 tonnes par an. La proportion de beaufort classé en A (zéro défaut) est passé de 40 % au début des années 80 à près de 90 % quinze ans plus tard.

Le pari de la filière intégrée

La tendance actuelle est à l’intégration totale de la filière, de la maîtrise de la production à la commercialisation du produit préemballé. La coopérative tarentaise, qui représente 15 % de la production totale, a entrepris pour son salut une complète restructuration. « L’objectif était de s’équiper pour aller jusqu’au conditionnement, au plus près du consommateur, et récupérer ainsi la plus-value, explique Georges Juglaret, vice-président de la coopérative laitière de Haute Tarentaise à Bourg-Saint-Maurice. « Lactalis achetant et conditionnant pour la grande distribution mais pas sur la zone, il s’agissait de profiter de l’opportunité pour jouer la carte de l’affinage car avant, c’était plutôt les grossistes qui conservaient le beaufort plusieurs mois pour l’affiner ». Un pari osé que cette gestion directe, alors que le reblochon a choisi d’intégrer depuis longtemps la pyramide industrielle. Les derniers investissements viennent donc d’être bouclés à la coopérative : 12 millions d’euros entre 1991 et 2008, principalement pour bénéficier d’un atelier de découpe complet et pour mieux conserver le fromage, en particulier le beaufort d’été (produit de juin à octobre et affiné 12 mois minimum). Aujourd’hui, la coopérative en vend plus d’un quart en direct dans ses cinq magasins, 5 % à la GMS locale, 35 % aux grossistes, autant aux crémiers, notamment sur Paris, Lille et Lyon. Le crémier achète plutôt par quart de meule (10 kg), revendant à 25-30 euros le kg, la GD ou le libre-service en sachet de 250 g autour de 18-20 euros et la coopérative à 14-15 euros sur place, selon l’affinage.

Des ventes directes en hausse

Les ventes en Rhône-Alpes représentent 35 % du gâteau « Beaufort » et les ventes directes se développent régulièrement. « Les coopératives totalisent désormais 36 magasins en stations, représentant 15 à 20% des ventes, explique Maxime Mathelin, chargé de la promotion au syndicat de défense. Non seulement les ventes sont en progression, mais avec un ticket moyen de plus en plus élevé. Les consommateurs sont de plus en plus demandeurs d’informations sur les produits régionaux ; c’est ce qu’ont constaté par exemple les moniteurs des écoles de ski dont nous sommes partenaires depuis cinq ans ». La promotion passe également par des partenariats avec les boulangeries pour afficher le beaufort sur les sacs à pain. Au total, le syndicat met sur la table un budget de 600 000 euros par an, dont la moitié dans la promotion locale.

Quant au beaufort d’alpage, petite niche haut de gamme représentant à peine 6 % de la production et soumise à un cahier des charges strict (un seul troupeau, un atelier à plus de 1 500 mètres d’altitude, pas de soutirage sous vide mais directement sur toile, deux fois par jour), il est surtout vendu en stations. À l’instar des supermarchés Casino de Val d’Isère, qui ne commercialisent que du beaufort d’alpage aux touristes. « Puisque les caves nous vendent le beaufort et le beaufort d’été au même prix qu’à leurs clients, nous avons préféré valoriser une qualité haut de gamme à 20-25 euros le kg, commente Hervé Le Darz, cogérant de l’enseigne. Le beaufort est d’ailleurs, avec la tomme, le fromage le plus vendu chez nous ».

Frédérique Hermine
Imprimer cet articleEnvoyer à un ami



Cours & Cotations
Pour obtenir les cours du jour, cliquez ci-dessous.
Mes favoris Toutes les cotations
Tendances du jour

L’accès aux tendances
est réservé aux abonnés.