Le beaufort capitalise sur le tourisme montagnard
  • Viande et céréales : création de deux sociétés franco-algériennes

    A l’occasion de son déplacement hier en Algérie, Stéphane Le Foll a annoncé la création prochaine de deux sociétés mixtes détenues par des structures algériennes et françaises. La première se positionnera dans l’élevage, l’abattage, la première transformation et la commercialisation du bétail, rapporte l’agence Ecofin. Le projet associera l’algérien SGP Proda/Onliev (La Societe de gestion des participations de l’Etat dans les productions...
  • Hausse de 3,8 % du chiffre d’affaires de Rungis en 2013

    Le Marché de Rungis a vu son chiffre d’affaires progresser de 3,8 % en 2013 pour atteindre 8,8 milliards d’euros, les progressions les plus notables ayant été enregistrées du côté des grossistes en fruits et légumes (+6%), en marée (+5%) et en volaille (+3,9%). Livrant ces chiffres, la Semmaris souligne dans un communiqué diffusé hier, que ces bons résultats ont « un effet multiplicateur sur l’économie française ». Le Min de Rungis pèserait 0,33 du PIB...
  • PME : obligation d’informer les salariés avant une cession

    Le décret relatif à l’information des salariés de PME en cas de cession de leur entreprise est paru aujourd’hui au JORF. Ce texte, le n°2014-1254, s’appliquera dès le 1er novembre et vise les entreprises commerciales de moins de 250 salariés. Interrogée ce matin par Radio Classique, Carole Delga secrétaire d’État chargée du commerce a défendu ce décret indiquant « qu’il était important de donner ce droit aux salariés. Au moins 26 000...
  • Gaspillage alimentaire : création d’une plateforme internationale

    Trois agences des Nations Unies à Rome tentent de constituer une communauté mondiale autour des pratiques de réduction des pertes alimentaires. La Fao, le Fida (fonds international de développement agricole) et le Pam (programme alimentaire mondial) viennent en effet de fonder une plateforme internet sur le sujet permettant de se documenter et d’échanger en trois langues, anglais, espagnol, français. Le public visé est celui des petits exploitants situés dans des zones à déficit...
 

France & Union Européenne

Vendredi 31 octobre 2014

Doubs : un super U se met à l’élevage

Elever un troupeau de vaches, à proximité du supermarché, pour vendre leur viande directement au rayon boucherie du magasin : c’est l’initiative lancée par la direction d’un supermarché du Doubs. Le magasin Super U de Devecey a...

Vendredi 31 octobre 2014

Le statut de l’animal adopté par les députés

L’Assemblée nationale a adopté hier soir une disposition qui reconnaît aux animaux la qualité symbolique « d’êtres vivants doués de sensibilité », rejetant les amendements écologistes pour aller plus loin ou UMP pour...

Vendredi 31 octobre 2014

Naissance d’une coop BtoB en produits frais

Un nouveau réseau national de grossistes spécialisés dans les produits frais va voir le jour sous une forme coopérative courant décembre. Les membres fondateurs seront constitués des 13 adhérents actuels au réseau Hexagro et de 11 entreprises...

Vendredi 31 octobre 2014

11,9 millions d’euros de pertes pour Agrogeneration

AgroGeneration, spécialiste des grandes cultures produites en Ukraine, a souffert de la situation dans ce pays et affiche près de 12 millions d’euros de pertes au 1er semestre. Selon le bilan publié jeudi soir, la perte nette sur les six...

International

Vendredi 31 octobre 2014

Les autorités américaines de la concurrence attaquent Nestlé

Les autorités américaines de la concurrence ont engagé une procédure contre le fabricant de lait en poudre pour bébés Gerber Products (groupe Nestlé), qu’elles accusent de mettre en avant des bénéfices thérapeutiques non avérés. La...

Jeudi 30 octobre 2014

40 entreprises françaises à Alger pour nouer des contacts

Le bureau Ubifrance d’Alger réunit ce jour, en présence de Stéphane Le Foll, plus de 40 entreprises françaises du secteur de l’agroalimentaire désireuses de nouer des partenariats avec des sociétés algériennes....


Mercredi 08 avril 2009

Le beaufort capitalise sur le tourisme montagnard


Le troisième fromage alpin en volume, qui possède le cahier des charges le plus contraignant des appellations laitières d’origine contrôlée, multiplie les efforts de conditionnement et de promotion pour accroître ses ventes en direct. Une fois rentrés en ville, les touristes en redemanderont.


Le beaufort vit sur un paradoxe : si les producteurs de lait de beaufort sont en tête pour la valorisation du lait en France, avec 0,50 à 0,60 euros le kilo collecté contre 0,30 en moyenne, ils disposent en revanche d’un revenu agricole parmi les plus bas de France et d’une production par élevage (à 40 000 kg par an) atteignant moins de la moitié de la moyenne nationale. La faute en est principalement aux coûts de production, plus élevés en montagne. Le système ne survit d’ailleurs que grâce aux subventions et à la pluriactivité (la moitié des exploitants exerce un autre emploi, en général dans le tourisme). 650 producteurs sur 470 exploitations avec 13 000 têtes fabriquent encore du beaufort en Savoie. Sept coopératives produisent les trois quarts du beaufort ; la filière comprend également près d’une trentaine de producteurs particuliers transformant uniquement le lait de leur troupeau, deux coopératives d’affinage, cinq groupements pastoraux qui continuent de fabriquer eux-mêmes leur fromage et deux acheteurs de lait (Entremont et le grossiste Guiguet).

Un cahier des charges contraignant

Le beaufort – appelé vachelin au Moyen-âge – est reconnaissable à son talon concave. Il pèse 4 500 tonnes par an (soit environ 115 000 meules), quatre fois moins que le reblochon, le premier symbolisant plutôt l’image de la Savoie, le second celle de la Haute-Savoie. Le décret d’appellation, qui remonte à 1968, limite la production aux vallées du Beaufortain, de la Tarentaise, de la Maurienne et une partie du val d’Arly. Parmi les règles de production, le lait doit provenir de vaches tarine ou abondance nourries uniquement de foin et d’herbe pâturée en ration de base. Le temps d’affinage est de 5 mois minimum. C’est le cahier des charges le plus contraignant des AOC laitières. Dans les années 60, on n’en produisait plus que 500 tonnes par an. La proportion de beaufort classé en A (zéro défaut) est passé de 40 % au début des années 80 à près de 90 % quinze ans plus tard.

Le pari de la filière intégrée

La tendance actuelle est à l’intégration totale de la filière, de la maîtrise de la production à la commercialisation du produit préemballé. La coopérative tarentaise, qui représente 15 % de la production totale, a entrepris pour son salut une complète restructuration. « L’objectif était de s’équiper pour aller jusqu’au conditionnement, au plus près du consommateur, et récupérer ainsi la plus-value, explique Georges Juglaret, vice-président de la coopérative laitière de Haute Tarentaise à Bourg-Saint-Maurice. « Lactalis achetant et conditionnant pour la grande distribution mais pas sur la zone, il s’agissait de profiter de l’opportunité pour jouer la carte de l’affinage car avant, c’était plutôt les grossistes qui conservaient le beaufort plusieurs mois pour l’affiner ». Un pari osé que cette gestion directe, alors que le reblochon a choisi d’intégrer depuis longtemps la pyramide industrielle. Les derniers investissements viennent donc d’être bouclés à la coopérative : 12 millions d’euros entre 1991 et 2008, principalement pour bénéficier d’un atelier de découpe complet et pour mieux conserver le fromage, en particulier le beaufort d’été (produit de juin à octobre et affiné 12 mois minimum). Aujourd’hui, la coopérative en vend plus d’un quart en direct dans ses cinq magasins, 5 % à la GMS locale, 35 % aux grossistes, autant aux crémiers, notamment sur Paris, Lille et Lyon. Le crémier achète plutôt par quart de meule (10 kg), revendant à 25-30 euros le kg, la GD ou le libre-service en sachet de 250 g autour de 18-20 euros et la coopérative à 14-15 euros sur place, selon l’affinage.

Des ventes directes en hausse

Les ventes en Rhône-Alpes représentent 35 % du gâteau « Beaufort » et les ventes directes se développent régulièrement. « Les coopératives totalisent désormais 36 magasins en stations, représentant 15 à 20% des ventes, explique Maxime Mathelin, chargé de la promotion au syndicat de défense. Non seulement les ventes sont en progression, mais avec un ticket moyen de plus en plus élevé. Les consommateurs sont de plus en plus demandeurs d’informations sur les produits régionaux ; c’est ce qu’ont constaté par exemple les moniteurs des écoles de ski dont nous sommes partenaires depuis cinq ans ». La promotion passe également par des partenariats avec les boulangeries pour afficher le beaufort sur les sacs à pain. Au total, le syndicat met sur la table un budget de 600 000 euros par an, dont la moitié dans la promotion locale.

Quant au beaufort d’alpage, petite niche haut de gamme représentant à peine 6 % de la production et soumise à un cahier des charges strict (un seul troupeau, un atelier à plus de 1 500 mètres d’altitude, pas de soutirage sous vide mais directement sur toile, deux fois par jour), il est surtout vendu en stations. À l’instar des supermarchés Casino de Val d’Isère, qui ne commercialisent que du beaufort d’alpage aux touristes. « Puisque les caves nous vendent le beaufort et le beaufort d’été au même prix qu’à leurs clients, nous avons préféré valoriser une qualité haut de gamme à 20-25 euros le kg, commente Hervé Le Darz, cogérant de l’enseigne. Le beaufort est d’ailleurs, avec la tomme, le fromage le plus vendu chez nous ».

Frédérique Hermine
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