Le beaufort capitalise sur le tourisme montagnard
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    Implantée à Saint-Médard d’Eyrans, en Gironde, la société Le Petit Basque va rejoindre le groupe breton Sill Entreprises au 5 mai prochain. Détenue par les frères Frédéric et Hubert Martin, au travers de la holding Martin, la société bordelais a réalisé un chiffre d’affaires de 33 millions d’euros l’année dernière et emploie 130 personnes. « Cet accord pérennise durablement le site du Petit Basque et offre des perspectives nouvelles tant par le...
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    Le jour de la cession de ses 20% de participation au sein du négociant en matières premières agricoles Toepfer à Archer Daniels Midland Company (qui en possédait déjà 80%), le groupe InVivo a annoncé être entré en négociations exclusives pour le rachat du groupe Nalod’s (250 Me de CA), propriétaire des réseaux Delbard et Jardineries du Terroir. Détenteur de la franchise Gamm vert (1020 magasins, 1,16 Mde de CA), InVivo compte ainsi se doter de 161 points de vente...
 

France & Union Européenne

Mercredi 23 avril 2014

Le sort de Villeneuve Pet Food scellé aujourd’hui

Environ 200 salariés de la société Continentale Nutrition ont manifesté mardi à Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, en faveur du maintien dans le giron de leur groupe de Villeneuve Pet Food (VPF), la filiale de Continentale Nutrition basée...

Mercredi 23 avril 2014

Les fabricants d’aliments pour animaux pessimistes quant à leur avenir

Selon une étude de FranceAgriMer sur « la compétitivité du maillon nutrition animale vue par ses acteurs et ses interlocuteurs » réalisée auprès de 26 directeurs d’usines, les fabricants d’aliments pour animaux se disent...

Mercredi 23 avril 2014

Les laiteries se préparent à ouvrir leurs usines

A l’occasion de la journée mondiale du lait le 1er juin prochain, une dizaine de laiteries vont ouvrir leurs portes aux consommateurs du 28 mai au 14 juin prochains. Les professionnels devraient être accompagnés d’éleveurs laitiers...

Mercredi 23 avril 2014

Loi d’avenir : la FGA-CFDT salue l’adoption d’un article « anti-précarisation »

La FGA-CFDT salue l’adoption en première lecture au Sénat d’un amendement gouvernemental « anti-précarisation » à l’article 38 bis de la loi agricole. Ce dispositif concernera tout d’abord environ 150 agents de...

International

Mercredi 23 avril 2014

McDonald’s enregistre un mauvais 1er trimestre 2014

McDonald’s a annoncé un recul de 5,2% de son bénéfice net sur les trois premiers mois de l’année, à 1,2 milliard de dollars, pour un chiffre d’affaires en légère progression de 1,4% à 6,7 milliards de dollars. Au premier...

Mercredi 23 avril 2014

Vietnam : nouvelle usine de production d’aliments pour animaux

Filiale du groupe américain Gold Coin, AFC a inauguré une troisième usine de production d’aliments pour animaux au Nord du Vietnam, selon le site internet d’Ubifrance. Elle représente un investissement de 12 millions de dollars et est...


Mercredi 08 avril 2009

Le beaufort capitalise sur le tourisme montagnard


Le troisième fromage alpin en volume, qui possède le cahier des charges le plus contraignant des appellations laitières d’origine contrôlée, multiplie les efforts de conditionnement et de promotion pour accroître ses ventes en direct. Une fois rentrés en ville, les touristes en redemanderont.


Le beaufort vit sur un paradoxe : si les producteurs de lait de beaufort sont en tête pour la valorisation du lait en France, avec 0,50 à 0,60 euros le kilo collecté contre 0,30 en moyenne, ils disposent en revanche d’un revenu agricole parmi les plus bas de France et d’une production par élevage (à 40 000 kg par an) atteignant moins de la moitié de la moyenne nationale. La faute en est principalement aux coûts de production, plus élevés en montagne. Le système ne survit d’ailleurs que grâce aux subventions et à la pluriactivité (la moitié des exploitants exerce un autre emploi, en général dans le tourisme). 650 producteurs sur 470 exploitations avec 13 000 têtes fabriquent encore du beaufort en Savoie. Sept coopératives produisent les trois quarts du beaufort ; la filière comprend également près d’une trentaine de producteurs particuliers transformant uniquement le lait de leur troupeau, deux coopératives d’affinage, cinq groupements pastoraux qui continuent de fabriquer eux-mêmes leur fromage et deux acheteurs de lait (Entremont et le grossiste Guiguet).

Un cahier des charges contraignant

Le beaufort – appelé vachelin au Moyen-âge – est reconnaissable à son talon concave. Il pèse 4 500 tonnes par an (soit environ 115 000 meules), quatre fois moins que le reblochon, le premier symbolisant plutôt l’image de la Savoie, le second celle de la Haute-Savoie. Le décret d’appellation, qui remonte à 1968, limite la production aux vallées du Beaufortain, de la Tarentaise, de la Maurienne et une partie du val d’Arly. Parmi les règles de production, le lait doit provenir de vaches tarine ou abondance nourries uniquement de foin et d’herbe pâturée en ration de base. Le temps d’affinage est de 5 mois minimum. C’est le cahier des charges le plus contraignant des AOC laitières. Dans les années 60, on n’en produisait plus que 500 tonnes par an. La proportion de beaufort classé en A (zéro défaut) est passé de 40 % au début des années 80 à près de 90 % quinze ans plus tard.

Le pari de la filière intégrée

La tendance actuelle est à l’intégration totale de la filière, de la maîtrise de la production à la commercialisation du produit préemballé. La coopérative tarentaise, qui représente 15 % de la production totale, a entrepris pour son salut une complète restructuration. « L’objectif était de s’équiper pour aller jusqu’au conditionnement, au plus près du consommateur, et récupérer ainsi la plus-value, explique Georges Juglaret, vice-président de la coopérative laitière de Haute Tarentaise à Bourg-Saint-Maurice. « Lactalis achetant et conditionnant pour la grande distribution mais pas sur la zone, il s’agissait de profiter de l’opportunité pour jouer la carte de l’affinage car avant, c’était plutôt les grossistes qui conservaient le beaufort plusieurs mois pour l’affiner ». Un pari osé que cette gestion directe, alors que le reblochon a choisi d’intégrer depuis longtemps la pyramide industrielle. Les derniers investissements viennent donc d’être bouclés à la coopérative : 12 millions d’euros entre 1991 et 2008, principalement pour bénéficier d’un atelier de découpe complet et pour mieux conserver le fromage, en particulier le beaufort d’été (produit de juin à octobre et affiné 12 mois minimum). Aujourd’hui, la coopérative en vend plus d’un quart en direct dans ses cinq magasins, 5 % à la GMS locale, 35 % aux grossistes, autant aux crémiers, notamment sur Paris, Lille et Lyon. Le crémier achète plutôt par quart de meule (10 kg), revendant à 25-30 euros le kg, la GD ou le libre-service en sachet de 250 g autour de 18-20 euros et la coopérative à 14-15 euros sur place, selon l’affinage.

Des ventes directes en hausse

Les ventes en Rhône-Alpes représentent 35 % du gâteau « Beaufort » et les ventes directes se développent régulièrement. « Les coopératives totalisent désormais 36 magasins en stations, représentant 15 à 20% des ventes, explique Maxime Mathelin, chargé de la promotion au syndicat de défense. Non seulement les ventes sont en progression, mais avec un ticket moyen de plus en plus élevé. Les consommateurs sont de plus en plus demandeurs d’informations sur les produits régionaux ; c’est ce qu’ont constaté par exemple les moniteurs des écoles de ski dont nous sommes partenaires depuis cinq ans ». La promotion passe également par des partenariats avec les boulangeries pour afficher le beaufort sur les sacs à pain. Au total, le syndicat met sur la table un budget de 600 000 euros par an, dont la moitié dans la promotion locale.

Quant au beaufort d’alpage, petite niche haut de gamme représentant à peine 6 % de la production et soumise à un cahier des charges strict (un seul troupeau, un atelier à plus de 1 500 mètres d’altitude, pas de soutirage sous vide mais directement sur toile, deux fois par jour), il est surtout vendu en stations. À l’instar des supermarchés Casino de Val d’Isère, qui ne commercialisent que du beaufort d’alpage aux touristes. « Puisque les caves nous vendent le beaufort et le beaufort d’été au même prix qu’à leurs clients, nous avons préféré valoriser une qualité haut de gamme à 20-25 euros le kg, commente Hervé Le Darz, cogérant de l’enseigne. Le beaufort est d’ailleurs, avec la tomme, le fromage le plus vendu chez nous ».

Frédérique Hermine
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