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Signatures

jeudi 11 mars 2010

L’origine France fait un retour remarqué dans les rayons


La proximité et l’origine française des aliments reviennent en force, sous la pression des agriculteurs, mais aussi, fait nouveau, avec la bénédiction des industriels et de la GMS. Marques collectives et contractualisation sont en voie de développement.

L’origine française est le nouvel axe fort de communication pour les produits agricoles. « Les pommes françaises, elles ont le bon goût d’avoir du goût », dit le nouveau slogan de l’Association nationale Pommes Poires. « Ils sont forts nos éleveurs de porcs », ont dit des publicités dans la presse quotidienne régionale la veille de l’ouverture du Sia 2010 et le mardi suivant. La marque « Lait d’ici » de lait produit par les Éleveurs laitiers de France, les logos « Tomates » et « Concombres de France » et « Volaille française » sont des appels directs au patriotisme alimentaire. Et la grande distribution se prête au jeu. Ainsi, la fédération de distributeurs FCD cofinance la campagne de publicité du signe VPF (Viande de porc française). « Nous vendons de la viande française et il est primordial d’informer les consommateurs sur l’origine des produits qu’ils achètent », déclare-t-elle.

La distribution prône un étiquetage systématique
L’étiquetage systématique de l’origine des produits fait partie des « trois propositions pour l’agriculture française » de la distribution intégrée ; il a pour but de « favoriser en transparence l’information des consommateurs sur l’origine des produits ». « La profession demande instamment que soit introduite l’obligation d’étiquetage de l’origine à l’ensemble des produits bruts […], mais aussi pour les produits transformés, la mise en place d’un étiquetage obligatoire de l’origine pour les ingrédients mis en œuvre à plus de 50 % dans le produit fini. » C’est la position de la FCD. Elle est calquée sur le rapport de l’eurodéputé italien Giancarlo Scottà prônant l’étiquetage obligatoire du lieu de production ; un rapport que vient d’adopter à une large majorité la commission Agriculture et Développement rural du Parlement européen.
De son côté, Metro cash & carry vient de signer une charte baptisée « 100 % local » avec Légumes de France, section spécialisée de la FNSEA. Des contrats-cadres annuels d’approvisionnement seront passés entre entrepôts et producteurs locaux. Ils garantiront un volume, une qualité et des prix. Ils se limiteront dans un premier temps aux produits de maraîchage à destination des entrepôts de Paris, Tours et Colmar. La contractualisation, une des innovations de la future loi de modernisation de l’agriculture, semble en bonne voie.

Les filières argumentent
Légumes de France, sur son premier grand stand collectif au Sia, a voulu faire connaître au grand public « tous les efforts réalisés par les filières en termes de gestion de l’eau, de l’énergie et des ressources humaines ainsi qu’en matière de protection des cultures ». Le côté face (la proximité, la fraîcheur, la pérennisation de l’emploi et le respect de l’environnement) comme le côté pile (le savoir-faire et des charges plus élevées que dans les pays concurrents).
Imprimer un logo sur les étiquettes n’est pas si simple. Les associations VPF (porc) et APVF (volaille), l’Association nationale d’organisations de producteurs « Tomates et concombres de France » promeuvent sans difficulté leurs signatures collectives. Pour autant, VPF ne s’est imposée que partiellement aux produits charcutiers. La Fict (fédération des industriels charcutiers traiteurs) ne s’est pas ralliée à la démarche collective. Les mentions « Agneau de nos terroirs » ou « Viande ovine française » se heurtent au caractère déficitaire du marché français. L’Union européenne ne cofinance plus que la promotion de l’agneau Presto, seule signature exposée au Sia cette année. Les velléités de d’étiquetage obligatoire se heurtent à la doctrine communautaire, puisque l’Union européenne repousse toute entrave à la libre circulation des marchandises. Aussi l’interprofession ovine, Interbev Ovin, est-elle attentive aux déterminations de la grande distribution et aux orientations du Parlement européen.
Sylvie CARRIAT
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Gérard Higuinen

Gérard Higuinen
Les Marchés Hebdo : L’association France Filière Pêche a officiellement été lancée, mardi 2 mars, au Salon international de l’agriculture. Elle va donner naissance à la première marque collective du poisson français. En quoi la problématique des produits de la mer rejoint-elle celle de la viande bovine ou porcine ?
Gérard Higuinen : La filière pêche est le dernier secteur alimentaire qui ne peut donner au consommateur qu’une seule origine : « Atlantique du Nord-Est ». En produits de la mer comme en viande, l’origine du produit est un élément important de l’acte d’achat. Il y avait une réelle attente dans le secteur. Le dossier a donc avancé très vite. Il nous a fallu moins de six mois pour monter l’association. Toutes les structures représentatives des maillons économiques de la filière (au nombre de 13) y adhèrent : producteurs, mareyeurs, grossistes, transformateurs et conserveurs (frais et surgelé), poissonniers, grossistes et GMS. Ce serait la première interprofession du secteur.

Les Marchés Hebdo : Quels sont ses objectifs ?
G. H. : Créer une marque collective reposant sur un cahier des charges axé sur la qualité et la traçabilité, avec enregistrement sous criée obligatoire, agréage qualité, etc. Figurera dans le cahier des charges l’idée que le produit est français parce qu’il a été pêché par un bateau battant pavillon français. Le nom de la marque et son logo seront choisis d’ici à la fin du premier semestre 2009. Dans un second temps, l’association pourra se transformer en interprofession. Le cadre est beaucoup plus réglementé, mais une interprofession dispose d’une plus large palette d’actions collectives. Seront rapidement associés à la démarche des acteurs institutionnels comme FranceAgriMer, le Comité national des pêches, etc.

Les Marchés Hebdo : Comment sera financée cette association ?
G. H. : Il y aura des cotisations volontaires. Nous avons également demandé à l’État d’envisager de réorienter le produit de la taxe « poisson » de 2 % des ventes des poissonneries réalisant plus de 750 000 euros de chiffre d’affaires vers l’association et la promotion de la marque.


Un salon pour célébrer l’agriculture française

Le Salon international de l’agriculture a encore été cette année, peut-être encore plus que les précédentes, le grand salon de l’agriculture française. En témoignaient les races animales régionales en vedette autour du ring du concours général agricole, la pyramide de Légumes de France, les carcasses bovines garnies de rubans tricolores au stand Planète viande et enfin les deux étages du hall 7 à la gloire de la gastronomie des régions et territoires français ; les flots de visiteurs parisiens se sont mêlés à leurs compatriotes provinciaux pour célébrer l’agriculture, comme pour donner raison à Nicolas Sarkozy de l’assimiler à l’identité nationale. Le Sia 2010 a eu son lot de personnalités politiques, de Jacques Chirac, le plus fidèle des anciens chefs d’État, à l’actuel président lui-même, toutes animées d’une compassion à la hauteur de la crise sans précédent que traverse le secteur. Les visiteurs eux-mêmes, bien que moins enclins à faire le plein de victuailles, ont encore sacrifié quelques euros symboliques au soutien des terroirs : Aquitaine, Champagne-Ardenne, Corse, selon les préférences et souvenirs de vacances de chacun.



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