Produits de saison |
mercredi 11 mars 2009 |
En 2009, la production nationale de fraises proviendra pour 47 % du Sud-Ouest, pour 28 % du Sud-Est et pour 9 % du Centre-Ouest, en retard d’une dizaine de jours sur l’an dernier, essentiellement à cause du temps couvert de ces derniers mois.
La production « organisée » (1) (40 % des volumes en 2008) regroupe plus d’une vingtaine de structures. Elle a persisté dans le choix de variétés gustatives et qualitatives. Le Sud-Ouest reste la première région et le Lot-et- Garonne le premier département. Avec beaucoup d’efforts, on y a limité les conséquences de la tempête du 24 janvier sur l’offre en volumes.
Les premières gariguettes (la variété représente désormais la moitié des volumes en Lot-et-Garonne) ont été dégustées au dernier Salon de l’agriculture de Paris mais on n’attend pas de volumes significatifs avant la seconde décade de mars, et jusqu’au 10 mai vraisemblablement.
La ciflorette joue la stabilité. La « ronde » Darselect® cède du terrain devant Cléry qui « présente » bien mais n’a rien à voir en termes gustatifs. La « ronde miracle » de saison, belle et bonne, n’est toujours pas née.
En attendant, avec dix millions de plants, la charlotte, variété d’arrière-saison du Ciref Création variétale (financé par la profession fraisicole), se développe : en plus du Sud-Ouest, elle gagne notamment du terrain dans les régions Centre, Rhône-Alpes, Nord et Est. Xavier Mas, président de l’organisation économique fraise, souligne ses « bons retours aval », chez les clients et chez les consommateurs. Ses atouts : « Une très bonne durée de vie après récolte, une bonne tenue en sortie de frigo, une coloration homogène et un parfum très attractif », énumère Pierre Gaillard, directeur du Cirev CV. Mais la charlotte reste une variété remontante, en production de mai-juin aux premières gelées.
En 2008, la consommation nationale a atteint 114 000 t, dont près de 95 000 t importées. En produit frais, l’Espagne reste le premier fournisseur. Cette année, la surface plantée y a augmenté pour dépasser les 6 500 hectares, soit un potentiel de 250 000 tonnes. Il s’agit d’un rééquilibrage, la campagne précédente ayant été marquée par le développement des autres fruits rouges, framboises en particulier.
Jusqu’au 15 avril, le seul produit français sera la gariguette dont le marché n’a rien à voir avec celui de la fraise espagnole. Et l’on ne prévoit pas de concurrence frontale sur la fraise ronde avant mi-avril.
Si le produit espagnol prévoit de mettre en avant les atouts santé, la production nationale joue du conditionnement : la barquette de 400 g en forme de « vague » lancée l’an passé pour les « rondes » de qualité par les producteurs « organisés » sera réservée à la Darselect® en saison et à la charlotte en remontante. Ceux-ci veulent conserver un identifiant commun, « fraises de nos terroirs » à moins d’un retour de « fraise de France », mais la décision n’est pas encore prise.
Au cours de l’année 2008, 68 % des foyers français ont acheté de la fraise, selon le panel Secodip. Ce chiffre relativement stable cache une diminution des parts de marché en hypermarchés au bénéfice des primeurs qui passent la barre des 10 % de parts de marché (10,2 % contre 7,8 en 2007). Le hard discount ne bouge pas.
Un secteur manque cruellement de produits, c’est le bio. Avec une vingtaine de tonnes dans le Sud-Ouest (gariguette et rondes), « le marché de la fraise bio est loin d’être saturé », souligne Aurélie Brugger, directrice de l’organisation de producteurs Sud-Ouest Bio, à Saint-Sylvestre (47). La structure, qui vend l’ensemble de sa production sur les circuits spécialisés, en région parisienne et dans le Sud-Est, a renoncé à l’exportation, car « le marché intérieur a besoin de tous les volumes ». Démarrant plus tard que le produit conventionnel précoce, le prix s’établit à un niveau moins haut, mais c’est « un prix plus régulier que l’on tient jusqu’à la fin ».
L’événement de ce printemps devrait être la reconnaissance du premier Label Rouge en fraise. L’association interprofessionnelle de la fraise du Lot-et-Garonne, après des années de travail, a reçu fin novembre dernier l’avis favorable de la Commission nationale des labels. Ce Label Rouge, ce sera « le top du top », résume Philippe Blouin, président de l’AIFLG. « On commence par la gariguette, mais cela évoluera ». Ce nouveau produit sera présenté en barquette plate litée de 250 g. L’AIFLG qui a porté seule le dossier n’a pas voulu « aller contre le vent » : elle a souhaité que le Label Rouge concerne aussi la production hors sol. Dans un second temps, elle « envisage une protection géographique » pour ce produit qui veut être « une image, une référence, une garantie ».
(1) Regroupée au sein de la nouvelle AOPN fraise qui a succédé à la section nationale.