Des Bleus à l’âme
Les mésaventures et les frasques de l’équipe de France de football en Afrique du Sud méritaient-elles d’encombrer quotidiennement la une de l’actualité pendant ces quinze derniers jours ? Des évènements aussi microscopiques que des injures de vestiaires et des révoltes d’enfants gâtés valaient-ils d’occulter la pollution des côtes du Golfe du Mexique, la guerre en Afghanistan, les plans d’austérité en Europe ou la chute de l’euro ?
À l’évidence non. On accorde une importance disproportionnée aux errances de la sélection française autant qu’à ses triomphes. Mais la complaisance qu’ont accordée les médias et l’opinion à des péripéties aussi pathétiques que dérisoires n’est sans doute pas innocente. Les uns et l’autre ont vu passer pendant quelques jours l’ombre des dérives de la société française dans son ensemble : l’esprit du lucre, la médiocrité de l’éducation, la discorde des communautés. Tout cela ne fait évidemment pas plaisir à voir, surtout quand cela s’étale aussi dans les colonnes de la presse internationale, qui ne manque pas de faire un lien entre le délitement d’une équipe et celui d’une nation qui servait autrefois de phare.
Cela n’a évidemment rien à voir avec ce qui précède (quoique…), mais ces lignes constituent mon dernier éditorial aux Marchés. Après 12 années passées à la tête de ce journal, je pars exercer mon métier de journaliste aux antipodes, y rendre compte pour des journaux français de la réalité agricole et agroalimentaire en Australie et en Nouvelle-Zélande. J’espère rester en contact avec nombre d’entre vous, chers lecteurs, qui pour certains, êtes devenus des connaissances, voire des amis. À très bientôt à tous. Dans l’espoir de meilleures nouvelles de la France !
Bruno CARLHIAN