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ÉDITO

jeudi 17 juin 2010

Comme le temps passe


L’âge de la retraite a eu beau être repoussé, l’annonce de la finalisation du rapprochement des organisations de la viande (Sniv, SNCP, Coop de France et maintenant FNICGV) nous a fait prendre conscience que nous étions déjà un ancien combattant. Qui eût imaginé il y a seulement quinze ans, que les rapports de force dans le commerce du bétail et de la viande évolueraient aussi vite, que des citadelles présumées imprenables finiraient par tomber, que des positions que l’on croyait à tout jamais irréconciliables se rapprocheraient ? Ainsi, la FNICGV, syndicat historique des PME, des circuits longs, du commerce traditionnel du bétail et de la viande, va rejoindre celui des grands du secteur, naguère simple club d’entreprises un peu plus grosses que les autres. C’est qu’en moins de 15 ans, les entreprises industrielles n’ont cessé de conquérir des parts de marché. Elles ont grossi, mais aussi mûri et pris leurs responsabilités dans un monde de l’élevage et de la viande secoué par l’effritement de la consommation et par les critiques de la société. Les négociants en bestiaux, si puissants, se trouvent marginalisés au sein d’un schéma qui fait la part belle à la coopération agricole. L’imbrication des intérêts du secteur privé et coopératif a fini par avoir raison de ce clivage historique dans le secteur bétail-viande. On verra donc les adversaires d’hier cohabiter au sein de la même organisation. L’intérêt supérieur du secteur passait sans doute par là. En digne ancien combattant pas encore retraité, on se souviendra avec une certaine nostalgie des imprécations contre les avantages indus des uns ou contre les pratiques rétrogrades des autres. On ne s’en fait pas trop quand même. Dans ce secteur du vivant, il y aura toujours de la place pour des querelles saignantes.

Bruno CARLHIAN
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