|
mercredi 01 avril 2009 |
Dans notre édition numérique de lundi, nous avons présenté les principaux chiffres tirés du rapport du CIC de fin février en les attribuant aux statistiques de fin mars ; nous revenons aux bonnes statistiques, qui ne modifient d’ailleurs pas fondamentalement la globalité de l’analyse, en priant nos lecteurs de bien vouloir excuser cette erreur.
Le CIC dans son dernier rapport a donc bien confirmé l’importance des stocks prévus pour la fin de campagne, portés pour le blé à 160 millions de tonnes contre 157 dans la note de février et 115 l’année dernière ; l’estimation de production est maintenue à 688 millions de tonnes, celle de consommation descendue de 2 millions de tonnes à 643 millions de tonnes (Mt). Le stock de maïs est encore relevé de 1 Mt à 140 Mt, la production étant maintenue à 782 Mt, mais la consommation est une fois de plus ajustée en baisse de 1 Mt à 773 Mt, pour un report quasi équivalent à celui de la dernière campagne.
Il y a plusieurs mois que nous insistons sur l’importance des disponibilités céréalières pour la prochaine campagne, même si, tant que la moisson n’est pas engrangée, les récoltes sont toujours exposées à des accidents climatiques susceptibles de modifier voire de bouleverser les prévisions. C’est un risque surtout plausible dans les pays de cultures extensives et de climats turbulents. Pour la France, la connaissance des surfaces et l’état des cultures à 4 mois du début des moissons limitent les erreurs de prévisions. On peut donc se référer aux chiffres du Coceral présentés dans notre édition hebdomadaire de jeudi dernier.
Pour ce qui est de la récolte mondiale, le CIC estime que les disponibilités céréalières mondiales « pourraient égaler celle de l’an dernier, malgré la réduction attendue de la production 2009-2010 [qui] devrait atteindre le deuxième plus haut niveau jamais enregistré avec 1 725 millions de tonnes » et des stocks de report plus élevés qui vont « maintenir les disponibilités céréalières à leur niveau historique le plus haut ».
Pour le blé, le CIC prévoit un stock mondial de report 2009-2010 de 171 millions de tonnes. Concernant le maïs, le CIC projette la production mondiale à 775 millions de tonnes, 7 de moins que l’an dernier ; prévisions encore prématurées et l’on attend en outre les derniers chiffres d’ensemencements de l’USDA.
La pression s’accentue donc sur les prix (voir ci-contre), d’autant que l’offre de la part de la culture semble s’accélèrer, encore qu’il soit difficile d’en apprécier la portée ; de toutes manières, il est préférable qu’elle se fasse progressivement. Une mise en marché brutale des stocks à l’approche de la fin de campagne serait catastrophique. Le problème de l’orge demeure aigu ; au 22 mars, les offres d’orge à l’intervention dans l’Union européenne atteignaient 368 600 tonnes.
Pierre Gautron