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Céréales

jeudi 09 septembre 2010

La tension persiste et s’accentue


Les affaires à l’export continuent d’aller bon train pour les États-Unis mais aussi pour la France, où les exportations devraient atteindre le record absolu de 11 millions de tonnes. La hausse du prix du blé devrait de surcroît profiter aux autres céréales.

Période du 3 au 8 septembre. Depuis notre chronique de la semaine dernière, les fondamentaux du marché du blé tendre, marché directeur pour les autres céréales, n’ont pas évolué. C’est-à-dire que persiste et s’accentue une grande fermeté, à mettre sur le compte des besoins de l’exportation à destination des pays tiers, la France se présentant encore, avec les États-Unis, comme l’un des grands acteurs potentiels des échanges extérieurs pour combler les marchés d’importation laissés vacants par la Russie et l’Ukraine. À propos de la Russie, le président Medvedev n’émet pas d’avis définitif sur la date d’une éventuelle levée de l’embargo russe à l’export qui dépendrait de la récolte, tandis que Vladimir Poutine ne l’envisage pas avant la campagne 2011-2012. Pour le moment, les affaires à l’export vont bon train tant pour les États-Unis que pour l’Union européenne, et tout particulièrement la France. Selon les premiers bilans prévisionnels de FranceAgriMer, les exportations françaises de blé à destination des pays tiers devraient établir cette campagne, un record absolu de 11 millions de tonnes* (Mt), après celui de 9,8 Mt réalisé l’an dernier. En revanche, la France atteindrait un chiffre inusité d’importation : 1,2 Mt contre 490 000 tonnes en 2009-2010 ; il s’agirait surtout de blé fourrager qui abonde dans le nord de l’Union et plus particulièrement en Allemagne, victime de conditions météo déplorables. Alors que jusqu’aux premiers mois de 2009-2010 planait la menace d’un stock pléthorique de 4 Mt, le report à l’issue de l’actuelle campagne ne dépasserait pas le modeste niveau de 2,2 Mt.
La hausse des prix du blé va reporter les fabricants d’aliments du bétail vers les autres céréales, orge et maïs, qui avaient perdu l’an dernier des places dans ce domaine face aux prix très concurrentiels du blé. L’orge réaliserait aussi un très bon score à l’exportation vers les pays tiers, avec 2 Mt contre 1,25 durant la dernière campagne. Le stock de report d’orge reviendrait à un niveau normal de 1,8 Mt contre 3,15 en fin de dernière campagne (dont 887 000 tonnes d’intervention), celui de maïs étant pratiquement stable à 2,32 Mt.

Ajustement en hausse pour le blé, en baisse pour le maïs

La note d’Agreste, ministère de l’Agriculture, sur la situation des cultures au 1er septembre, parue mardi, apporte quelques modifications notables par rapport aux estimations d’août.
La production de blé tendre est ainsi revue en hausse de 530 000 t, à 35 690 000 t, ce qui ne représente plus qu’un retard de 1 % par rapport à la récolte 2009. La prévision de récolte d’orge est maintenue à 10,3 Mt tandis que celle de maïs est abaissée à 13,6 Mt, soit un recul de 11 % par rapport à la dernière campagne et de 5 % sur la moyenne quinquennale.

* À l’heure où nous rédigeons ces lignes, le conseil céréales de FranceAgriMer affine encore ses bilans prévisionnels. Les chiffres ci-dessus sont provisoires.
Pierre Gautron

Maïs : concurrentiel

Maïs : concurrentiel
Les observateurs deviennent plus prudents dans leur appréciation de la nouvelle récolte, tant en matière de volume que de qualité. Le ministère de l’Agriculture a revu en baisse mercredi 8 septembre sa prévision de récolte maïs grain qui s’attend donc à un bon équilibre. Et ce, malgré une concurrence plus rude à l’exportation vers l’UE sous la pression de la concurrence sud-américaine, mais aussi de l’abondance des blés fourragers, notamment allemands. Toutefois, le prix du maïs est actuellement très concurrentiel face au prix élevé du blé, à 197 € Fob Rhin ou façade atlantique. L’orge continue de bénéficier de la fermeté du blé avec, là encore, la perspective d’une campagne équilibrée, même s’il ne faut pas oublier les stocks d’intervention.


Blé : une exportation influente

Blé : une exportation influente
Cette semaine 36 a débuté dans un climat de fermeté accentuée par des perspectives à l’exportation toujours très porteuses. Et ce n’est pas la prévision d’exportation vers les pays tiers de 11 Mt (voir ci-contre), annoncée par le conseil de FranceAgriMer, qui va calmer le marché, même si les estimations de récolte ont été portées à 35,7 Mt contre 35,2 Mt prévues le mois dernier. En revanche, la France importerait 1,2 Mt de blé, soit à peu près le double des précédentes campagnes. La marge s’élargit donc entre les blés meuniers, sollicités par les exportateurs et cotant 223 € départ E et L, et les blés fourragers à 110 €, très concurrencés par leurs équivalents anglais ou allemands.


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