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Arrêté du 19 avril 2012 relatif
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Fromages

jeudi 21 avril 2011

À 100 ans, Dischamp se recentre sur son berceau auvergnat


Jean-Luc Dischamp, troisième génération à la tête de la société, revient aux origines fromagères de l’entreprise fondée il y a un siècle par son grand-père Jean Dischamp et a recentré son activité sur les fromages auvergnats, avec comme noyau dur : le saint-nectaire.

En 100 ans, la famille Dischamp a transformé un commerce local de saint-nectaire en une société nationale de fromages d’Auvergne. Tout commence en 1911, lorsque Jean Dischamp acquiert un commerce de fromages à Clermont-Ferrand, baptisé « À la renommée des vrais saint-nectaire ». L’appellation d’origine contrôlée (AOC) et encore moins protégée (AOP) n’existe pas à l’époque mais les fromagers affinent des « vrais saint-nectaire » à l’intérieur des caves creusées sur plusieurs étages dans le tuf volcanique de Clermont-Ferrand. C’est au fils unique du fondateur, Paul Dischamp, que l’entreprise doit son nom. Reprenant le commerce en 1941, il décide d’acquérir les Établissements René Guy aux Halles de Paris après la guerre et les renomme Paul Dischamp Produits laitiers de France. C’est à cette date que commence l’extension de l’activité au territoire national. En parallèle de la fabrication et de l’affinage de Saint-Nectaire, Paul Dischamp développe une activité de produits surgelés, qui ne fait pas long feu. Il en subsiste néanmoins une activité d’entrepôts frigorifiques, sous le nom de Compagnie française des entrepôts frigorifiques. Cette entreprise installée à Sayat – également siège social du groupe, représente en 2010 un chiffre d’affaires de 2,046 millions d’euros, dont 988 000 euros de ventes de matériel.

Du fromage au négoce de beurre

Quand Paul Dischamp décède en 1972, son fils aîné Philippe prend la tête de l’entreprise, à laquelle il donne une dimension internationale à travers une activité de négoce de beurre. Il considère à l’époque que le marché européen en pleine construction lui offre des opportunités et s’emploie à utiliser les mécanismes de la politique agricole commune (restitution à l’exportation, vente et achat de beurre à l’intervention, stockage privé de beurre), mise en place dix ans auparavant, pour développer ses ventes. La société Dischamp devient un acteur majeur sur le marché du beurre aux collectivités et à l’industrie de la pâtisserie-viennoiserie, avec une offre allant des micropains de 10 grammes aux cubes de 25 kilogrammes. Si l’activité de conditionnement de beurre a été cédée en juin 2010 à Beuralia, désormais propriété à 100 % de Sodiaal depuis son rachat d’Entremont, la fromagerie Paul Dischamp conserve une activité de négoce international (ventes de produits vrac, beurre, lait, crème et poudre de lait) pour l’Union européenne et les pays tiers. « Nous nous sommes recentrés encore plus sur le fromage. L’objectif est d’atteindre la taille critique. Nous l’avons en fromage d’Auvergne mais pas dans le conditionnement de beurre. Nous avons donc décidé de céder cette activité en juin 2010 », explique Jean-Luc Dischamp, actuel PDG de la fromagerie Paul Dischamp. Jean-Luc Dischamp rejoint son frère aîné en 1977 pour poursuivre le développement de l’activité fromage sur le marché régional et sur Paris à partir des établissements qu’il possède au Min de Rungis. À compter de 1989, la société rachète la Fromagerie du Grand Murols, le Père Daroit et sa marque de Gaperon ainsi que la laiterie de Chambernon qui produit du cantal au lait cru.

Reprise de Toury en 2007

Convoité également par Lactalis et après une longue bataille juridique, le groupe auvergnat Toury est repris par la société Dischamp, la coopérative laitière le Glac et Vitagermine qui s’en partagent les parts. En récupérant, à la barre du tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, la laiterie de la Montagne basée à Saillant (Puy-de-Dôme), la fromagerie Paul Dischamp s’octroie la place de leader du saint-nectaire fermier et laitier. En parallèle, pour reprendre la collecte laitière des producteurs de Toury, la société Laitière des Monts d’Auvergne est créée, 70 % appartenant au Glac et 30 % à la fromagerie Dischamp.

5 millions d’euros sur trois ans

Aujourd’hui, sa position de leader sur le marché du saint-nectaire est quelque peu fragilisée par la reprise de son voisin Wälchli par le géant Lactalis. Jean-Luc Dischamp s’est clairement positionné pour cette acquisition, mais l’histoire a fait que cette fois-ci le géant de Laval a remporté la partie. « Wälchli a préféré un grand groupe à son voisin. J’ai la faiblesse de croire que mon offre était plus intéressante », affirme-t-il, ajoutant : « Nous avions prévu une croissance externe. Mais c’est râté. Nous allons nous concentrer sur nos efforts commerciaux à l’occasion de nos cent ans ». Des promotions et des animations sont prévues en magasin. Jean-Luc Dischamp compte également bénéficier des retombées médiatiques des campagnes télévisuelles du Comité interprofessionnel des fromages du Cantal et du Syndicat du fromage Saint-Nectaire. Réalisant la majorité de ses ventes sous marques de distributeur, la fromagerie a quelque peu été freinée par le regain en 2009 des marques nationales. « Avec la LME, les marques nationales ont repris des parts de marché au détriment des marques de distributeur. Les volumes des AOP françaises ont eu tendance à baisser ces deux dernières années », précise Jean-Luc Dischamp. La revalorisation tarifaire demandée sur ces produits (4 à 5 % espérés) devrait lui permettre de connaître une croissance de son chiffre d’affaires en 2011.
Possédant trois sites industriels (Sayat, Saint-Nectaire, Chambernon), le groupe a investi 5 millions d’euros sur trois ans, notamment pour réaliser des économies d’énergie sur la concentration du lactosérum et sur la production de froid. Il a également modernisé ses caves d’affinage de cantal et de saint-nectaire.
A.-S. L.
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Cinq fromages AOP sur un plateau

Depuis le 1er septembre 2009, date du départ en retraite de son frère aîné Philippe, Jean-Luc Dischamp détient 100 % du capital du groupe Dischamp. Son jeune frère Pierre décide de reprendre à part la Fromagerie du Grand Murols. Outre son activité de conditionnement de beurre, Jean-Luc Dischamp a cédé également l’activité de distribution Dischamp Rungis. Aujourd’hui, la société Paul Dischamp est recentrée sur la production et l’affinage de fromages typiques d’Auvergne, qui ne comptent pas moins de cinq appellations d’origine contrôlées (Saint-Nectaire, Fourme d’Ambert, Bleu d’Auvergne, Cantal, Salers). Outre ces dernières, la fromagerie fabrique également des spécialités fromagères comme le Savaron (44 tonnes en 2010), la tomme grise et la tomme blanche de Montagne (770 tonnes), le Gaperon (23 tonnes), la fondue au saint-nectaire et la tomme fraîche. Le cœur de l’activité de la société Paul Dischamp reste néanmoins la fabrication et l’affinage de saint-nectaire fermier et laitier, dont le volume est passé de quelques tonnes à près de 3 390 tonnes en 2010. La majeure partie de ses volumes est réalisée sous marques de distributeur.


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